Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Par Anachronique Val
Kansas, 1866. Après la Guerre de Sécession, le chemin de fer symbolise le renouveau de l'Amérique. Wade Hatton (Errol Flynn ), qui fournissait les ouvriers en viande de bison, assiste à la fondation de la nouvelle ville de pionniers qui portera le nom de Dodge City.
Peu de temps auparavant, il a aidé à la confiscation de peaux de bisons tués illégalement sur les territoires indiens. Le responsable de ce trafic est Jeff Surett (Bruce Cabot), qui va en concevoir une rancoeur tenace envers notre héros.
1871. Dodge City, devenue un point de rassemblement du bétail à destination des abattoirs de l'Est, est sous la coupe de Surett. Wade, qui vient d'y amener un convoi de bêtes à cornes, ne tarde pas à se retrouver face à son vieil ennemi...
Les Conquérants (1939) de Michael Curtiz, est le premier western que tourna Errol Flynn. Et, sous couvert d'action et de romance, il évoque ce moment où le Far West est en passe de devenir civilisé. Si le scénario fait penser à My Darling Clementine (sorti un an plus tard) ce n'est pas tout à fait un hasard, car le personnage de 'Wade' fut parrait-il inspiré de Wyatt Earp.
De plus, trente ans avant L'Homme qui tua Liberty Valance, on y découvre le poids de la presse, symbolisée par le sympathique 'Joe Clemens' (Frank McHugh), qui va mener campagne contre 'Surett' et le paiera de sa vie. Comme dans le film de Ford, c'est bien ce dernier meurtre qui sera la goutte d'eau qui fait déborder le vase et causera la perte du "vilain".
Flynn, comme à son habitude, est excellent de bout en bout. À ses côtés, Alan Hale (qui était le 'Petit Jean' des Aventures de Robin des bois) incarne 'Rusty', son ami, personnage comique du film, notamment lors d'une scène où, venu assister à une réunion de la ligue féminine pour l'abstinence, il se retrouve à faire le coup de poing dans le saloon d'à côté !
Olivia de Haviland joue 'Abbie Irving', jeune pionnière têtue, personnage hélas traité avec une certaine misogynie : ainsi, cette scène où 'Wade' lui reproche de travailler au journal au lieu de "rester gentiment à la maison à recoudre les boutons". Et que dire de l'ultime réplique du film, très ambigüe ? Si l'on peut penser qu''Abbie' a le dernier mot, on peut en déduire aussi qu'elle est prête à suivre son aventurier d'époux en faisant fi de ses propres sentiments.
Les Conquérants a quand même de bons côtés, d'abord une image en "technicolor" superbe, des scènes d'action très réussies et enfin parce qu'Errol Flynn y incarne un héros très charismatique à défaut d'être original.
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