Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Par Anachronique Val
Dans le pénitentier de Stoneheaven situé en Alaska, Oscar "Manny" Manheim (Jon Voight) est une véritable légende. Multirécidiviste de l'évasion, il est la bête noire de Ranken (John P. Ryan), le directeur des lieux.
Accompagné du jeune Buck (Eric Roberts), il parvient enfin à jouer la fille de l'air. Les deux hommes rejoignent une gare ferroviaire et montent dans un train de marchandises. Seulement, lorsque le convoi démarre, son conducteur meurt d'une crise cardiaque, et la machine commence à prendre de la vitesse...
Runaway Train (1985) est un film d'Andreï Konchalovsky, inspiré d'un scénario d'Akira Kurosawa, et produit par la Cannon... Rien que ces deux dernières informations ont fait frémir ma curiosité cinéphilique, même si au fond de moi, je prévoyait le film "couillu" et un peu "couillon".
Je n'ai pas été déçue ! L'introduction dans la prison est assez virilement menée. J'ai guetté avec une certaine fébrilité l'ami Danny Trejo - dont c'était le premier rôle au cinéma - et j'ai un peu regretté qu'il n'apparaisse que dans une seule scène de boxe face à Roberts.
Le corps du film se passe en partie dans le train fou, lancé dans les neiges de l'Alaska, et en partie dans les bureaux du poste central d'aiguillages où, bien sûr, l'angoisse est palpable. Sauf qu'il y a -Cannon oblige - de grosses ficelles scénaristiques, la plus "énaurme" étant l'apparition de Rebecca De Mornay dans le train, en plein milieu du film, sortie d'on ne sais où. Je soupçonne les scénaristes d'avoir craint un sous-texte tendancieux... Autre invention abracadabrantesque, l'arrivée finale de Ranken, qui, depuis un hélicoptère parvient dans la locomotive, désireux d'en découdre personnellement avec Manny.
Jon Voight, en taulard malin et brutal, éclipse le jeune Roberts, qui fait trop "belle gueule" pour avoir de l'épaisseur. De Mornay n'a pas grand chose à faire, hormis donner des renseignements sur le fonctionnement du train, regarder les deux héros se battre et pleurnicher.
Runaway Train, malgré un scénario digne d'un téléfilm catastrophe de samedi après-midi, se regarde au moins une fois dans sa vie, ne serait-ce pour le final, virilement beau (avec citation shakespearienne, excusez du peu !).
À noter que le film est dédié au pilote d'hélicoptère Rick Holley, qui se tua lors des repérages. Konchalovky, ébranlé par ce décès, faillit renoncer au tournage.
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