• Johnny Guitare (1954)

    Intemporel.

    Johnny GuitareUn certain Johnny Guitare (Sterling Hayden) arrive dans l'établissement de jeu de Vienna (Joan Crawford), qui l'a engagé comme musicien. Tous deux se connaissent très bien, et notre héros comprend vite que son ex-amante est en bute aux villageois, manipulés par Emma (Mercedes McCambridge).

    On a dit bien des choses sur Johnny Guitare de Nicholas Ray  : que c'était une métaphore du Machartysme qui battait son plein au moment du tournage, qu'il a inspiré de nombreux réalisateurs, depuis Godard et Leone jusqu'à Tarantino, que c'est un chef-d'oeuvre du cinéma, tout genre confondu.

    C'est effectivement un grand film, qui réunit de nombreuses qualités. La référence à la "Chasse aux sorcières" est d'autant plus frappante que c'est Ward Bond, l'un des plus "à droite" des acteurs hollywoodiens, qui interprète le chef des lyncheurs, pressé de voir le chanvre autour du cou des hors-la-loi.

    Mais je dirais que Johnny Guitare est avant tout un duel de femmes. Face à face, la belle Vienna, aventurière et arriviste, et Emma, jolie aussi, mais aigrie et jalouse de la liberté sexuelle et sociale de sa rivale. Toutes deux représentent une image récurrente de l'Ouest : la "putain" et la femme "honnête", même si, en l'occurrence, l'image est "biaisée" : la femme honnête monte les villageois contre l'homme qu'elle aime sans espoir et la putain fait fructifier ses affaires sans rien demander à personne.

    Johnny GuitareLe visage d'Emma lors de l'incendie du saloon de sa rivale est impressionnant de haine et de joie mauvaise. À plusieurs reprises dans le film, d'ailleurs, et jusqu'à son ultime scène, ce visage où perce la bestialité est terrifiant, plus encore que celui des lyncheurs. Je pourrais même dire qu'il s'agit là d'une déformation, d'une altération du plaisir sexuel (dans le dialogue, Vienna dit d'elle qu'elle "souffre de ne pas assouvir sa passion"). Cela donne à ce western un ton adulte et même une modernité - pour l'époque - qui le rend intemporel.

    Certaines morts sont injustes, révoltantes, comme celle de Turkey (Ben Cooper) ou du vieux Tom (John Carradine), employé fidèle de Vienna.

    On retrouve Ernest Borgnine dans son rôle habituel de brute bornée et Royal Dano en orpailleur rongé par la maladie.

    Johnny Guitare a amplement mérité d'être un classique du cinéma, pour son message sous-jacent, ses interprètes et son histoire intemporelle.

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