• Nicholas Ray (1911-1979)

    Rebelle sans cause ?

    Nicholas Ray (1911-1979)Raymond Nicholas Kienzle, Jr, est né le 7 août 1911 à Galesville mais grandit à La Crosse, deux villes du Wisconsin. Son père, entrepreneur, est un alcoolique violent et le futur Nicholas Ray devient, peut-être en réaction, un adolescent difficile.

    Il s'installe chez sa soeur à Chicago, puis retourne poursuivre ses études à La Crosse, où il gagne un concours organisé par une radio locale pour ses dons d'orateur. Il s'intéresse au théâtre, et intègre la Cross State Theatre College où il étudie l'art dramatique durant deux ans.

    Il rejoint ensuite l'Université de Chicago mais n'y reste qu'un semestre, à cause de ses mauvais résultats scolaires et son penchant pour l'alcool. Il est néanmoins remarqué par l'un des enseignants, l'architecte Frank Lloyd Wright, qui lui offre une place dans sa propre école d'architecture.

    Mais Nicholas rêve de faire carrière dans l'art dramatique, et, avec 100 $ en poche, il quitte l'Illinois pour se rendre à New York où il entre dans une troupe de théâtre d'improvisation. C'est là qu'il fait la connaissance d'Elia Kazan dont la façon de pousser les acteurs à leur extrême limite impressionnera le futur réalisateur.

    Ray va épouser une journaliste, Jean Evans, en 1936 ; le couple aura un fils, Anthony, mais divorcera en 1940.

    Côté professionnel, il va mettre en scène  son seul spectacle à Broadway, la comédie musicale Beggar's Holiday, dont la musique est signée Duke Ellington.

    Nicholas Ray (1911-1979)Il réalise son premier film, Les Amants de la nuit en 47, puis c'est Secret de femme en 48 avec Gloria Graham qu'il épouse la même année. Ils auront un fils, Timothy, avant de divorcer en 1950.

    Nicholas Ray se spécialise dans le film noir, comme Les Ruelles du malheur, Le Violent, La Maison dans l'ombre. Mais il tournera aussi un film de guerre, Les Diables de Guadalcanal avec John Wayne, et quelques westerns, dont Johnny Guitare qui connaitra un grand succès malgré son sous-texte anti-Machartysme.

    C'est à ce moment que la Warner Bros demande au réalisateur de tourner un film basé sur un livre écrit par le psychiatre Robert M. Lindner ayant pour sujet la jeunesse délinquante. Ray accepte, mais se trouve en total désaccord avec la théorie du médecin pour qui les "Rebels without a cause" sont issus des milieux défavorisés.

    Avec l'aide du producteur David Wesbart, il écrit un premier texte qu'il confie à un jeune auteur de 32 ans, Stewart Stern, qui en tire le scénario. Malgré l'opposition du studio, et sur les conseils d'Elia Kazan, il engage un jeune acteur inconnu, James DeanNatalie Wood, âgée à l'époque de 16 ans, décroche le rôle principal féminin, et La Fureur de vivre devient un classique du film "de teenagers".

    Nicholas Ray (1911-1979)La mort de James Dean quelques mois seulement après le tournage va anéantir Nicholas Ray, qui va continuer son parcours avec des films comme Le Brigand bien aimé, biopic de Jesse James, La Forêt interdite, dont il se fait virer en cours de tournage, et le péplum Le Roi des rois sur la vie de Jésus Christ. Il se marie une troisième fois en 1958 avec une danseuse, Betty Utley, qui lui donnera deux filles, Nica et Julie, avant leur divorce en 1964.

    Lors du tournage de Les 55 jours de Pekin, le réalisateur a une crise cardiaque. Il ralentit son activité, mais sombre dans l'alcool et le jeu, devenant de plus en plus obsédé par la mort de James Dean dont il prétend posséder quelques affaires personnelles.  Il épouse en 1969 une étudiante de 18 ans, Susan Schwarz.

    Son tout dernier film, Nick's Movie, dans lequel il joue son propre rôle, est co-réalisé par Wim Wenders. Il sort en 1980.

    Nicholas Ray, un des maîtres du film noir, auteur d'un classique du western et du premier film de "d'jeuns", s'éteint à New York le 16 juin 1979 des suites d'un cancer du poumon.

     

    Nicholas Ray (1911-1979)

     

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  • Commentaires

    1
    Daniel
    Mardi 1er Septembre 2015 à 22:49

    Grosse personnalité dans le monde du cinéma et encore vénéré aujourd hui ; grande idée de sa part de refuser que les jeunes de " La fureur de vivre" soient issus des classes défavorisés comme le prévoyait le scénario de base.  Démocrate convaincu c était chaud a la RKO entre lui et Howard Hugues  et le film " Les diables de Guadalcanal " représentait tout ce qu il détestait ( glorification de l armée américaine  et pro guerre) , le tournage a été un cauchemar uniquement pour lui ( il a du se sentir seul , très seul ) mais moins que celui de " Johnny Guitar"  opposé a une Joan Crawford totalement ingérable et hystérique. Très attaché a James Dean , il avait toujours affirmé possédé de nombreux objets personnels de l acteur mais les fans n ont jamais rien vus venir sans doute que l alcool et la drogue ont joué de nombreux mauvais tours a ce grand réalisateur.

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