Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Par Anachronique Val
Albert Quentin (Jean Gabin), ancien alcoolique, voit débarquer dans son hôtel normand Gabriel Fouquet (Jean-Paul Belmondo), publicitaire malheureux : séparé de sa compagne, il vient voir sa fille Marie, scolarisée dans la pension du village.
Dès son arrivée, Fouquet se met à boire dans le café voisin de l'hôtel de Quentin. Celui-ci, reconnaissant dans son client celui qu'il fut jadis, est à deux doigts de retomber dans son travers, sous le regard de sa femme Suzanne (Suzanne Flon)...
Un singe en hiver est un film doux-amer. Derrière le bordel organisé par nos deux héros, on sent le poids de la solitude de l'un, de l'ennui de l'autre. Les deux hommes se reconnaissent malgré la différence d'âge, il y a une filiation dans les rêves d'ailleurs, l'impression d'une vie qui est partie à vau-l'eau, le besoin peut-être de marquer les esprits par un baroud d'honneur avant de retomber dans le morne train-train du quotidien.
G
abin et Belmondo sont sur la même longueur d'onde, ils se renvoient la balle et nous gratifient d'un de ces duos cinématographiques inoubliables. Après avoir vu ce film, je me suis demandé pourquoi ils n'ont pas renouvelé l'expérience : ne se sont-ils pas entendu sur le tournage ? Ont-ils eu peur, l'un et l'autre, de se faire enfermer dans une série de "singe en hiver" ? Ou tout simplement, était-ce juste un film tourné comme un état de grâce entre l'icône de la "Nouvelle Vague" et le "Patriarche" du cinéma français ?
Autour d'eux, Henri Verneuil a réunit des acteurs
sensationnels dans des rôles à leurs mesures : Suzanne Flon, Paul Frankeur, Noêl Roquevert, alias "Landru", qui tient le bazar du village et va accompagner nos deux loustics dans leurs délire pyrotechniques.
Un singe en hiver, un film qui parle tout simplement d'amitié. Longtemps après le visionnage, nous avons encore à l'oreille les voix de Gabin et Bébel se gargarisant des dialogues de Michel Audiard sur une trame d'Antoine Blondin.
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