Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Par Anachronique Val
Directeur d'une célèbre troupe de ballet, Jean-Jacques Sauvage (Louis Jouvet) arrive à Lyon où il compte roder son nouveau spectacle. Mais une autre raison l'a amené dans la Capitale des Gaules : natif de la ville, il l'a quitté vingt ans auparavant suite à un drame : son ami d'enfance, Jérôme Nizard (Jean Blanchard) lui avait tiré dessus en le prenant apparemment pour un cambrioleur.
Alors que Nizard, joueur invétéré, est en passe de perdre ses parts dans la soierie familiale au profit de son beau-frère Edmon Gonin (Louis Seigner), le retour de Sauvage va causer bien des désagréments dans la famille, et réveiller un vieux secret enfoui...
Un revenant de Christian-Jaque est un film qui fait penser irrésistiblement au chef-d'oeuvre de Dumas "Le Conte de Monte-Christo", avec son personnage principal revenu pour régler ses comptes avec ses anciens amis. Nous avons même le "sacrifice" d'un innocent dans l'affaire, en l'occurrence le fils de 'Nizard', François (François Périer), jeune homme romanesque qui va tomber amoureux de l'inconstante Karina (Ludmila Tcherina), danseuse-étoile du spectacle.
L'image de la famille bourgeoise cachant soigneusement les squelettes dans les placards est savoureuse, les dialogues signés Henri Jeanson baignent dans un humour noir et un cynisme presque poétiques, à l'exemple de la dernière rencontre entre Gaby Morlay et Jouvet sur le quai de la gare dans la scène finale.
Jean Brochard et Louis Seigner sont parfaits en petits-bourgeois couards terrorisés par le retour de Jouvet, et Marguerite Moreno est une 'Tante Jeanne' pleine de surprises comme en témoigne sa confrontation avec le héros.
Un revenant est un de ces films qui font regretter la décrépitude actuelle du cinéma français.
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