Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Par Anachronique Val
James Coburn, Kris Krisofferson, Katy Jurado, Jack Elam, Jason Robards...des noms qui sonnent agréablement aux oreilles des amateurs de vrais bons westerns, réunit là par un maître : Sam Peckinpah.
La première fois que j'ai vu ce film, je préssentais que je ne pourrais pas en absorber toute la complexité, en comprendre toute les nuances. Et effectivement, ce nouveau visionnage m'a apporté une autre reflexion sur la fin de l'imaginaire de l'Ouest. Fini le "Chisum" magnifié par John Wayne : celui de Peckinpah est un homme d'affaire, qui ne s'embarasse pas des obstacles. De même le héros du film, Pat Garrett, n'est qu'un ancien hors-la-loi qui a accepté de porter l'étoile, pour "vieillir avec le pays" comme il le dit lui-même.
Mais on sent son attachement au Kid, malgré tout. Il va tout tenter pour capturer son ancien ami, même si, il le sait, il devra bien en finir lui-même, et de la manière la plus radicale.
C'est comme si les deux hommes étaient engagés dans une course dont la mort est la seule et unique récompense. Ils savent tout deux que cela doit finir ainsi, et Billy le Kid devient devant la caméra une figure "Christique", amie des peones, farouchement opposée au vieillissement...D'aileurs, un des complices du Kid dit à Garrett "Tu donne l'impression de ne plus en avoir pour longtemps". Nous avons deux conceptions de l'Ouest : celui des bandits aux grands coeurs, héros des enfants et des petites gens, amené à entrer dans la légende et celui des "vieux" bandits rangés des voitures, qui travaillent pour un monde en mutation.
Ainsi, Pat Garret et Billy le Kid est l'histoire d'une tra
hison, dont le "Judas" lui-même est dégoûté ; ainsi, après avoir tué son ami, tire-t-il sur le miroir qui lui renvoie son reflet, dans un geste symbolique. Plus tard, il mettra une rouste à un "bounty killer" qui voulait couper le doigt du Kid pour s'en faire un souvenir. Ultime geste de rédemption pour un homme qui sait qu'il sera haï pour le peu qu'il lui reste à vivre...
Peckinpah rend à l'Ouest l'image de ce qu'il devait être, loin des héros à la Gary Cooper ou à la Gregory Peck : c'était un cloaque de violence et de sang, où seuls gagneront les affairistes ; ce n'est sans doute pas un hasard s'il s'est octroyé à la fin du film le rôle du fabriquant de cercueils...
Pat Garrett et Billy le Kid, un film crépusculaire ? Non, la simple évocation de la fin d'une ère, celle des héros qui refusent de vieillir....Times are changing....
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