Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Par Anachronique Val
Je suis une "vieille croulante" ! En ce moment, à l'approche des fêtes, je ne cesse de regretter le temps où, avant l'arrivée du Père Noël, les chaines de télévision nous faisaient patienter avec Tarzan, Charlie Chaplin ou Laurel et Hardy.
Je sais bien que de nos jours, les gamins n'ont que faire des types en pagne qui se battent contre des crocodiles en plastique, ou des gags sans parole. Mais, peut-être que, blasés par les effets spéciaux et les jeux vidéos, ils pourraient se laisser porter par l'aventure, la poésie, l'humour.
Le problème, c'est qu'aucun directeur de chaine ne va avoir l'idée, cette année encore, de diffuser un après midi les aventures de "Charlot" ou un film de Shirley Temple. Trop vieillot !
J'ai de plus en plus l'impression que la télévision est uniformisée. D'une chaine à l'autre, on retrouve les mêmes idées : des bêtisiers en veux-tu en voilà, des spectacles de comiques et des films vus il y a six mois.
Il y a des émissions qui me manquent cruellement : "La Dernière séance", par exemple, qui m'a fait découvrir une - petite- partie du cinéma des années 50, ou "SVP Disney" qui nous donnait à voir des extraits des classiques de l'oncle Walt entre deux "Silly Symphonies".
Vous allez me dire : "aujourd'hui, grâce à Youtube, aux DVD et à la V.O.D, on peut avoir accès à presque tous les films." Mais vous savez ce qui m'a donné l'amour du cinéma ? C'est, paradoxalement, les deux émissions cités ci-dessus, et également "La Séquence du spectateur" et "Monsieur Cinéma" qui m'ont offert un avant-goût des films que je ne pouvais voir dans mon enfance.
Aujourd'hui, de telles émissions sont au mieux reléguées sur les chaines thématiques, ce qui équivaut à prêcher des convertis. Y-aura-t-il une prochaine génération de cinéphiles, ou bien nos futurs journalistes de cinéma seront-ils plus enclins à parler de CGI et de fonds vert plutôt que du jeu des acteurs et de la poésie d'une scène ?
Bon, allez, j'arrête de jouer les oiseaux de mauvais augure : il y aura toujours des cinéphiles car, souvent, les premières personnes avec qui on partage le plaisir de visionner un film sont nos parents. Et cette émotion primale partagée devant un écran, petit ou grand, peut donner lieu à un amour inconditionnel du cinéma... Tiens, au fait, j'ai le coffret de l'intégrale des films de Tarzan avec Weismuller ! Je vais m'y replonger et faire des posts nostalgiques.
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