Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Par Anachronique Val
Marty Piletti (Ernest Borgnine) est toujours célibataire à 34 ans. Ses frères et soeurs étant tous mariés, il vit seul avec sa mère. Il n'a malheureusement pas un physique de rêve et, après quelques cruelles déceptions sentimentales, il préfère passer ses soirées avec ses copains.
Accompagnant un soir son ami Angie (Joe Mantell) dans un dancing, il y rencontre Clara (Betsy Blair), une jeune femme de 29 ans. Tout deux sympathisent, principalement parce qu'ils ont connu le même genre de déroutes sentimentales, et Marty, pour la première fois de sa vie, se sent vraiment en symbiose avec une personne du sexe opposé...
Marty de Delbert Mann (1954) est peut-être le film le plus émouvant de notre ami Borgnine, qui, en quelques simples regards, en quelques mimiques, parvient à faire passer tout les sentiments que peuvent connaitre ceux qui ne sont, comme on dit, "pas gâtés par la nature".
Mais Marty est aussi un film qui interroge sur le poids de l'entourage dans les décisions que l'on doit prendre : la mère du héros, veuve Italienne, ses amis, des trentenaires qui ont des habitudes d'ados attardés (cinéma, magazines cochons et discussions crétines), tous lui déconseillent de s'attacher à une femme qui manque de charme.
Le film est rempli de scènes de pure comédie où pointe la tristesse : les dialogues entre la mère de Marty et sa soeur aigrie, les engueulades du cousin avec sa femme, les interrogations métaphysiques des potes sur Mickey Spillane ou ce qu'il vont faire le soir même, tout cela concours à faire rire tout en distillant une sensation d'étouffement qui enveloppe le héros.
Marty est une comédie réussie car elle est basée sur un élément qui peut tourner au dramatique : la différence entre ce qu'on est et la façon dont on se voit. Ainsi, Marty se décrit lui même comme "laid et sans intérêt" alors qu'il a le coeur sur la main et beaucoup d'humour. D'ailleurs, on peut se demander pourquoi ses amis sont toujours célibataires alors qu'ils ont du charme.
Je pense que la morale de l'histoire est la suivante : "on se créer sa propre solitude, quels que soient notre physique ou notre caractère. Il faut juste avoir envie d'en sortir". En cela, Marty est un film qui fait du bien.
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