Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Fin 1959, John Sturges prépare un remake du film japonais Les 7 Samouraïs. Pour cela, il va soigner son casting : Yul Brynner, Eli Wallach sont déjà des acteurs reconnus. Steve McQueen vient de percer grâce à la série Au nom de la loi, James Coburn, Robert Vaughn, Brad Dexter, Horst Buccholz et enfin Charles Bronson seront les héros d'un western qui deviendra un classique du genre : Les 7 Mercenaires.
Notre ami va retrouver Sturges trois ans plus tard pour La Grande évasion. Le film sera tourné en Allemagne, et la distribution comportera des acteurs américains, allemands et britanniques. Parmi ces derniers, un jeune comédien écossais, David McCallum, venu avec son épouse, la ravissante Jill Ireland... Bien plus tard, dans les années 70, la légende attribuera à Bronson la fameuse phrase "Un jour, je te prendrais ta femme !" qu'il aurait lancé à McCallum au cours d'une réception. En tout cas, voilà que s'ouvre un nouveau chapitre dans la vie intime de l'acteur, et, si les journaux n'en parlent pas au moment des faits, le livre de Harriett Tendler-Bronson est explicite : c'est bien lors du tournage que l'idylle entre Charlie et Jill commence.
Une fois le film terminé, tout le monde rentre au bercail... enfin presque : les McCallum s'installent à Los Angeles où David entame une carrière prometteuse grâce à Des agents très spéciaux, et Jill trouve un rôle dans la série western Shane, inspirée par le film éponyme. Chez les Bronson, les choses tournent à l'aigre. Charlie et Harriett finissent par se séparer, tout comme David et Jill. Nous sommes au milieux des années 60, Des agents très spéciaux est très appréciée, et les journalistes commencent à s'intéresser aux déboires du sympathique acteur britannique. C'est donc à ce moment que le nom de Bronson commence à circuler dans les salles de rédaction, autrement que pour des raisons cinématographiques.
Charlie et Jill divorcent de leurs époux respectifs et se marient en octobre 1968. C'est cette même année que la carrière de l'acteur va prendre un tour décisif, avec Il était une fois dans l'Ouest. Dans la vieille Europe, il devient célèbre, et les journalistes se complaisent à rabâcher son enfance misérable ; l'acteur va en rajouter une couche, donnant des interview avec son franc-parler caractéristique, crachant parfois dans la soupe ou critiquant ses petits camarades. Aurait-il pris la "grosse tête" ? Assurément, mais il est dans les années 70 une superstar en Europe et au Japon, il enquille les "véhicules" plus ou moins réussis à sa gloire (De la part des copains, La Cité de la violence, Chino). Sans vouloir l'excuser, toute les stars ont connu cette période où leur égo ne passait pas les portes, et Charlie ne pouvait pas ne pas en profiter lui aussi.
Il est amusant - et parfois consternant - de relire ces interview : imbu de lui-même, critiquant la nourriture européenne (les échotiers font les choux gras d'un Bronson calculant les calories de chacun de ses repas), à la limite de l'irrespect pour les journalistes, on a l'impression qu'il joue le "rôle" qu'on lui a attribué : l'américain typique, arrogant et cynique.
Contrairement à Harriett, Jill va faire partie du décors, devant et hors caméra. Le prochain post sera consacré à cette relation quasi fusionnelle qui va irriter les réalisateurs et freiner quelque peu la carrière de l'acteur.