Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Par Anachronique Val
Tom Ripley (Matt Damon), jeune homme désargenté mais opportuniste, est engagé par Herbert Greenleaf (James Rebhorn), un riche homme d'affaire, pour qu'il se rende en Sicile afin de convaincre son fils Dickie (Jude Law) d'arrêter de jouer les dilettantes et rejoigne l'entreprise familiale.
Mais Ripley, ébloui par le train de vie de Dickie, va aller jusqu'au bout de son envie d'appartenir à la haute société...
Le Talentueux Monsieur Ripley (1999) est la deuxième adaptation du roman de Patricia Highsmith, après Plein Soleil de René Clément. Si le chef-d'oeuvre de 1960 ne faisait pas cas (ou si peu) d'une éventuelle attirance homosexuelle entre 'Ripley' et 'Dickie' (enfin, 'Philippe' dans la version française), Anthony Mighella en a quant à lui fait le filigrane de son film.
Matt Damon m'a semblé au départ un choix plutôt étrange, avec son look d'étudiant timide et enfantin. Mais tout compte fait, ce n'est pas si bête d'avoir choisi un personnage à l'opposé du "magnétisme" de Delon. Le Ripley de Mighella est si anodin, si normal en apparence que ses crimes n'en sont que plus dérangeants.
Jude Law est beaucoup moins machiavélique et fascinant que ne l'était Maurice Ronet dans le film de Clément. Guyneth Palttrow est certes chamante mais n'a aucune personnalité, Cate Blanchett dans le rôle d'une héritière est quasiment transparente... Philip Seymour Hoffman, qui joue un "fêtard" un peu trop perspicace tire son épingle du jeu.
Je ne dirais rien de la dernière scène pour ne pas spolier, mais je l'ai trouvée amorale et logique à la fois, renvoyant le personnage à une extrême solitude où il s'est enfermé lui-même...
Mais l'ensemble est un peu "longuet", alourdi par des séquences inutiles. Clément a réussit seulement par la qualité du dialogue, le magnétisme de Ronet et Delon et la beauté des décors.
Bref, Le Talentueux Mr Ripley est bien en deçà de son "ainé".
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