Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Par Anachronique Val
Pour inaugurer la rubrique "LES FILMS DE CHARLES BRONSON", j'ai décidé de m'attaquer à du lourd : THE polar "crypto-gay" de Michael Winner.
Arthur Bishop (Charles Bronson) est un tueur professionnel, un spécialiste qui ne laisse rien au hasard, froid et méthodique, qui va un jour rencontrer Steve McKenna (Jan-Michael Vincent), un jeune homme en qui il va déceler un potentiel de tueur...
Polar crypto-gay, en effet, Michael Winner l'ayant reconnu lui-même dans son livre : il n'aurait jamais osé donner les explications à un Bronson hyper-viril, et on comprend pourquoi !
Ainsi, quant on voit Bishop lorgner Steve dès la première apparition de celui-ci à l'écran, on se dit que Winner savait mener sa barque. Il y a bien sûr d'autres indices diséminés ici et là par un réalisateur facétieux : un Bronson engloutissant un cornetto en filant une de ses futures victimes, Steve s'installant chez Bishop alors que rien dans le scénario ne le justifiait ; de plus, il y a une étrange ressemblance physique entre les deux hommes : de là à dire "qui se ressemble, s'assemble"...
Jan-Michael Vincent était un jeune acteur très prometteur, et il est bien dommage que sa carrière ait été écourtée par son penchant pour la bouteille : il est extraordinaire de froideur et de détachement dans le rôle de Steve ; en fait, son personnage n'est ni plus ni moins qu'un psychopathe, et il l'a très bien rendu...
Ce film est marqué de scènes qui donnent le ton : la séquence du suicide de la petite amie de Steve, par exemple : les deux hommes discutent froidement des symptômes sans se préoccuper de la jeune femme ; c'est à mes yeux un exemple du cynisme dont peut faire preuve le réalisateur quant à la description du monde des tueurs à gages.
Quant à la scène où Bishop se rend chez une call-girl (interprêtée par Jill Ireland, comme il se doit), elle aussi est typique de ce
monde : nous sommes entre "professionnels", et la femme, une fois son "travail" terminé, retrouve sa froideur pour expliquer l'augmentation des tarifs, à cause de "l'extra" que représente l'écriture des lettres d'amour...
Le Flingueur est une réussite complète, que l'on veuille ou non y voir un sous-texte qui n'est après-tout pas si sulfureux que cela : Michael Winner nous a donné un des meilleurs polars des années 70, qui n'a pas vieilli d'un iota : n'ayant pas vu le remake sorti récement avec Jason Statham, je me permets néanmoins de penser qu'il n'y a surement pas photo entre les deux films.
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog