Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Par Anachronique Val
1901. J.B. Books (John Wayne) arrive à Carson City au Nevada pour rendre visite à son vieil ami le docteur Hostelter (James Stewart). Mais le vieux gunman sait qu'il ne repartira pas vivant de la ville...
Le Dernier des géants est un film de Don Siegel, où nous retrouvons avec tristesse le visage vieillis des héros de notre enfance. Autour du Duke et de Stewart, la toujours belle Lauren Bacall, Richard Boone et le vétérant John Carradine, dans un chant du cygne qui est difficile à regarder ; dès le début, nous savons à quoi nous en tenir : les premières scènes sont tirées des grands classiques de Wayne, y compris Rio Bravo, diffusées en noir et blanc ,agrémentées d'une "chronologie" imaginaire qui fait comprendre avec une finesse éléphantesque que le temps passe, même pour les héros.
Don Siegel a fait un film sur la vieillesse, la maladie, et surtout sur...la légende. Car derrière le grand J.B Books, tueur sans pitié devant lequel tombe en admiration le jeune Gillon (Ron Howard), il y a un homme qui se sait condamné, mais qui refuse de mourir dans un lit au prix d'atroces souffrances. Il met en scène sa propre mort, comme un suicide "assisté" en quelque sorte. Cette attitude est noble, en regard des "vautours" qui s'agitent autour de lui : le journaliste opportuniste, l'ex-fiancée (Sheree North) qui reviens dans l'unique but de grapiller un peu de la gloire du - presque - défunt, et même le croque-mort (savoureux Carradine) qui propose à notre héros un "cercueil fait pour durer des siècles et une pierre tombale de marbre".
Ron Howard est le jeune garçon admiratif
devant Books, qui sera tenté par une vie de gunman, mais lorsque, après avoir abattu son premier homme, l'adolescent jette son colt, le regard du Duke à ce moment est hautement symbolique.
Ainsi, quinze ans après le superbe L'Homme qui tua Liberty Valance, notre Duke est de nouveau aux prises avec une légende bien encombrante, et une fois encore c'est James Stewart qui lancera un dernier regard sur un héros mort.

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