Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Par Anachronique Val
Jean-Paul (Alain Delon), publicitaire, et Marianne (Romy Schneider), journaliste, passent des vacances amoureuses sur les hauteurs de Saint-Tropez, dans une somptueuse villa avec piscine.
L'arrivée d'Harry (Maurice Ronet), un ami arrogant et m'as-tu-vu, accompagné de sa fille Pénélope (Jane Birkin) va fissurer leur couple...
La Piscine est un drame psychologique de Jacques Deray, que je n'avais plus revu depuis mon adolescence. Et force est de constater que le film a vieilli sur bien des points. En premier lieu la musique : j'avais oubliée qu'elle était signée Michel Legrand et qu'elle était aussi agaçante dès les premières minutes !
Et puis, on a l'impression que pendant la première demi-heure, il ne se passe strictement rien. On voit bien que l'arrivée d'Harry perturbe Jean-Paul, et ce n'est que peu à peu qu'on en comprend les raisons : autrefois, notre héros voulait devenir écrivain, mais a abandonné son rêve pour sombrer dans l'alcoolisme. Dans le dialogue, on apprend que cela fait deux ans qu'il n'a plus touché un verre, ce qui correspond au moment où Harry est sorti de sa vie.
Il faut reconstituer le passé des trois personnages en fonction des "non-dits" : Harry, plus âgé que Jean-Paul, a eu un tel ascendant sur lui qu'il l'a poussé à se croire médiocre, au point de lui faire renoncer à son rêve d'écriture. À ce moment-là, Marianne était la maîtresse d'Harry, mais, peut-être lassée de ses infidélités et de son égocentrisme, elle s'est rapprochée de Jean-Paul, et tout deux ont alors quitté l'ombre trop écrasante de leur ami commun.
Jouisseur et infantile, Harry refuse de se voir vieillir (il fait souvent passer sa fille pour sa jeune maîtresse), mais lorsqu'il voit le couple équilibré formé par Jean-Paul et Marianne, il va avoir une attitude d'enfant jaloux, faisant son possible pour briser leur bonheur. Il ne supporte pas en fait de voir Jean-Paul réussir.
La relation Harry-Jean-Paul est aussi empoisonnée et faussement joviale que pouvait être celle de Philippe-Ripley dans Plein soleil. Sept ans plus tard, on retrouve la même atmosphère lourde et le même enjeu, sauf que là, c'est Ronet qui cherche à reprendre la main - en l'occurrence son ancienne maîtresse.
Que dire de Jane Birkin, censée être "l'élément déclencheur" du drame, sinon qu'elle fait acte de présence sans donner l'impression d'être concernée par le scénario ? Même son monologue où elle explique à Delon sa relation avec son père sonne faux, elle semble réciter son texte.
Pour résumer, j'ai été un peu déçue en revoyant La Piscine : malgré une intrigue intéressante, et des acteurs charismatiques, certaines défaillances (notamment la présence de Birkin et l'irritante musique de Legrand) l'empêchent d'être un drame psychologique inoubliable.
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