Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Par Anachronique Val
Shane (Alan Ladd), un pistolero professionnel, arrive à la ferme des Starrett et se lie d'amitié avec les parents, Joe (Van Heflin) et Marian (Jean Arthur), tout en cristallisant l'admiration de leur fils Joey (Brandon de Wilde).
Les Starrett et leurs voisins pionniers sont persecutés par Ryker (Emile Meyer), un proprietaire terrien qui voudrait les chasser pour s'approprier leurs terres. Shane va prendre fait et cause pour la communauté.
Un étranger qui se range du côté des plus faibles, un mysterieux individu qui tue le méchant avant de s'éloigner dans le paysage, un enfant en admiration, une ébauche de triangle amoureux...Tout cela est dans Shane, le film de George Stevens datant de 1952. On peut dire que ce western servi de modèle à nombre d'oeuvres ultèrieures, et les plus grands (de Leone à Eastwood) y ont puisé leur inspiration. Nous sommes là en terrain connu.
Ce film peut même être vu comme un drame psychologique : Marian va-t-elle succomber au bel étranger ? le brave Joe va-t-il réaliser que Shane est une menace pour son couple ? Le petit Joey sera-t-il un futur gun-man pour faire comme son héros ?
Evidement, l'honneur sera sauf, Shane est un homme droit et loyal, qui préfère partir sous les cris de l'enfant plutôt que de briser un ménage. Qui plus est, son rôle est terminé, et, comme il l'explique au gamin, son passé de tueur le poursuit inlassablement, l'obligeant à ne pas même espérer fonder une famille...là encore, le refrain est connu...
Et puis quel plaisir de voir Jack Palance, alias Jack Wilson, tueur professionnel payé par Ryker, qui, en peu de gestes, parvient à instaurer un climat de crainte : il suffit, lors de la scene où il fait face à Elisha Cook, Jr, qu'il enfile son gant noir pour que le personnage soit définit.
Parce que ce film est tourné sans aucun manichéisme, parce que l'on voit le héros le visage en sang lors de la longue bagarre du saloon, parce qu'est décrit la vie dans une petite communauté de fermiers, avec ses fêtes, ses occupations quotidiennes, ses combats quasi incessants contre la nature, et parce que les cadrages sont originaux (on voit la bagarre entre Shane et Joe à travers les jambes des chevaux énérvés), L'Homme des vallées perdues est un film réussit, qui a gagné avec le temps le qualificatif de chef-d'oeuvre.

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