Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Par Anachronique Val
Lorsqu'il arrive dans la petite ville minière de Lago, cet étranger (Clint Eastwood) ne passe pas inaperçu : Il abat trois hommes qui lui cherchaient des noises puis viole une femme qui s'en prenait à lui sans raison. Il n'en faut pas plus pour que le maire (Stefan Gierasch) et le shérif (Walter Barnes) lui demandent un service : empêcher trois bandits de revenir se venger de leur emprisonnement.
L'homme accepte, mais à ses conditions. Il va peu à peu transformer la bourgade, mais surtout il va torturer la conscience des villageois au sujet d'un meurtre atroce commis quelques temps plus tôt...
L'Homme des hautes plaines (1973) est le deuxième film réalisé par Eastwood, et son premier western ; on a si souvent dit voire rabâché que cette oeuvre est à la fois un hommage à "l'homme sans nom" de Leone et un brouillon de ses futurs films que l'analyse que je vais faire ne sera qu'un "blabla" de plus :
Le héros, comme ceux du "Maestro", est un tireur de ficelles qui arrive à point nommé pour réveiller une ville endormie sur un secret. Si certaines de ses actions sont compréhensibles (donner des couvertures à un vieil Indien, par exemple), si d'autres sont ironiques comme faire du nain Mordecai (Billy Curtis) le shérif et le maire de la ville, on s'interroge sur l'idée de repeindre la ville en rouge.
Et pourtant, c'est peut-être dans cette dernière action que se situe la clé de l'énigme : renommée "Hell" (Enfier) par l'étranger, Lago est en fait - a toujours été - un repaire de lâches et de femmes dévoyées. J'ai lu quelque part que dans l'argot américain, "repeindre une ville en rouge" signifie se prendre une bonne cuite. "L'homme sans nom" nous fait comprendre que le "dégrisement" va mal se passer, que les masques vont tomber et le véritable visage de tous va apparaître.
"Qui es-tu ?" crie Jeoffrey Lewis à Eastwood, dans un écho leonien. La fin du film nous apporte la réponse, différente selon les versions : "L'homme sans nom" est-il un esprit vengeur, un frère revanchard, un ange justicier ? Chacun est libre de tirer sa propre conclusion, et c'est très bien ainsi.
L'Homme des hautes plaines est un très bon film, qui inaugure cette approche à la fois métaphysique, religieuse et philosophique du thème de la mort par le réalisateur Eastwood. Mais c'est d'abord et avant tout un de ces westerns qu'on adore et qui sont devenus des "classiques" du genre.
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