Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Né le 8 octobre 1896 à Lille, Julien Duvivier est d'abord comédien au Théâtre de l'Odéon avant d'entrer à la Gaumont en 1918 où il devient scénariste et assistant-réalisateur. Son premier film en tant que metteur en scène, Haceldama ou le prix du sang (1919), connait un succès mitigé.
Dès ses débuts, il ne se cantonne pas à un type de film particulier, même si dans les années 20 il signe quelques sujets religieux (Credo, L'Abbé Constantin, La Vie miraculeuse de Thérèse Martin).
Engagé en 1930 dans la société Film d'Art, il réalise la même année son premier film parlant, David Golder, qui connait le succès. L'acteur principal, Harry Baur, sera souvent devant les caméras du réalisateur (Les Cinq gentlemen maudits, Poil de carotte, La Tête d'un homme).
Julien Duvivier adapte en 1934 Maria Chapdelaine pour lequel il réunit Madeleine Renaud, Jean-Pierre Aumont et surtout Jean Gabin qu'il réemploiera à plusieurs reprises, notamment dans La Bandera (1935), un film scénarisé par Charles Spaak avec qui il collaborera souvent.
Son quatrième film avec Gabin, La Belle équipe, est l'un de ses plus grands succès : réalisé au moment du "Front Populaire", il raconte l'aventure d'une bande de copains qui ont gagné à la loterie et qui s'achètent une guinguette. Mais une femme viendra mettre à mal l'amitié entre Gabin et Charles Vanel. Julien Duvivier avait tourné une fin pessimiste, mais, sous la pression des producteurs, il fut contraint de la changer.
Autre succès du réalisateur, Pépé le Moko (1937) sera le film déclencheur du vedettariat de Jean Gabin. Ce film sera suivit d'Un carnet de bal, réunissant Marie Bell, Pierre-Richard Wilm, Louis Jouvet, Raimu, Harry Baur...
Duvivier va ensuite tourner un film aux États-Unis, Toute la ville danse (The Great Waltz), biographie de Johann Strauss, puis revient en France pour signer La Fin du jour, dans lequel une bande d'anciens acteurs (Jouvet, Victor Francen, Michel Simon) cherchent à sauver leur maison de retraite. Ce film sera, selon ses dires, le préféré de son réalisateur.
Durant la Seconde Guerre Mondiale, Julien Duvivier retourne aux États-Unis où il tourne cinq films dont Lydia (1941), remake d'Un carnet de bal avec Merle Oberon et Joseph Cotten, Six destins (1942) réunissant Charles Boyer, Henry Fonda, Rita Hayworth, Edward G. Robinson, L'imposteur (1944) avec Jean Gabin.
De retour en France après la guerre, le réalisateur peine à retrouver le succès ; son film Panique (1946), adaptation d'un roman de Georges Simenon, est un échec critique et public. Il continue un travail d'adaptation avec Anna Karénine (1948) avec Janet Leigh, puis il signe Sous le ciel de Paris (1951), au découpage scénaristique original (plusieurs personnages connaissent des mésaventures diverses et se croisent au fil de l'histoire).
C'est en 1952 que Julien Duvivier retrouve le chemin du succès avec l'adaptation d'un livre de Giovanino Guareschi, contant les démêlées du curé d'une petite bourgade du nord de l'Italie et du maire de la ville, communiste fort en gueule. Le Petit monde de Don Camillo sera suivit en 1953 par Le Retour de Don Camillo, puis d'autres réalisateurs prendront la relève de la saga qui comportera trois autres opus.
Duvivier retrouve son univers noir et dramatique avec Voici le temps des assassins (1956) où Jean Gabin est la victime d'une femme fatale incarnée par Danièle Delorme. Suivra l'un de ses chefs-d'oeuvre, Marie-Octobre (1959), huis-clos dans lequel un groupe d'ex-résistants (Lino Ventura, Bernard Blier, Paul Meurice, Serge Reggiani et Danielle Darrieux) se retrouvent pour régler une affaire liée à la trahison de l'un d'eux.
Entre-temps, en 1958, Duvivier est l'un des membres du jury du Festival de Cannes. En 1962 sort Le Diable et les Dix Commandements, film à sketchs où le réalisateur réunit Michel Simon, Claude Dauphin, Micheline Presle, Lino Ventura entre autres.
Suivront Chair de poule (1963) avec Robert Hossein et Catherine Rouvel, puis Diaboliquement vôtre (1967) où Alain Delon interprète un homme amnésique manipulé par Santa Berger.
Le 29 octobre 1967, Julien Duvivier est victime d'un accident de voiture à Paris à l'âge de 71 ans. Il est enterré au cimetière ancien de Rueil-Malmaison dans les Hauts-de-Seine.