Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Né le 9 avril 1933. Son père, Paul Belmondo (1898-1982) était un célèbre sculpteur, né à Alger mais d'origine sicilienne et piemontaise. Sa mère, Sarah Rainaud-Richard (1901-1994), était artiste peintre. Malgré cet environnement artistique, le jeune Jean-Paul est attiré par le sport : durant son adolescence, il pratique la boxe en amateur.
Atteint d'un début de tuberculose, le jeune homme est envoyé en Auvergne où il découvre le théâtre. A son retour, il s'inscrit aux cours d'art dramatique de Raymond Girard, qui l'aide à préparer le concours du Conservatoire National superieur d'art dramatique. Recalé, Jean-Paul Belmondo est admis en auditeur libre en 1951.
Ce n'est qu'en octobre de l'année suivante qu'il entre au Conservatoire, devenant l'élève de Pierre Dux. Après quatre ans aux côtés de jeunes acteurs ayant pour noms Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle et Bruno Cremer entre autres, il présente un texte de Feydeau en fin d'étude mais le jury ne lui accorde qu'un accésit, malgré l'enthousiasme du public. Jean-Paul Belmondo est alors porté en triomphe par ses condisciples alors que, fidèle à son caractère frondeur, il adresse un bras d'honneur au Jury.
Il débute sur les planches, sous le nom de Jean-Paul Belmond. Son tout premier film, Les Copains du dimanche, tourné en 1956, ne sortira qu'en 1967 faute de distributeur. Le jeune comédien retrouve les planches pour des oeuvres de George Bernard Shaw et de Feydeau. Puis ce sont ses vrais débuts au cinéma avec Sois belle et tais-toi de Marc Allégret en 1958 où il rencontre un autre acteur en devenir, Alain Delon.
Belmondo apparaît dans Les Tricheurs de Marcel Carné, puis retrouve Marc Allégret pour Un drôle de dimanche où il partage l'affiche avec Bourvil et Danièle Darieux. Un jeune critique aux "Cahiers du Cinéma" descend le film en flamme, mais repère le jeune acteur, qu'il fait tourner dans un court métrage : Charlotte et son jules. Ce futur réalisateur se nomme Jean-Luc Godard.
Alors qu'il joue Oscar au théâtre, Jean-Paul est appelé sous les drapeaux. En 1959, une fois démobilisé, il épouse Elodie Constant, qu'il avait rencontré en 1953, et reprend le chemin des studios pour A double tour (Chabrol), avant de retrouver la caméra de Godard pour A bout de souffle.
Les années 60 seront bénéfiques pour Belmondo : Il devient un acteur à mulitples facettes, que ce soit pour le polar comme Classe tout risques ou Le Doulos, ou bien des drames italiens La Ciocciara ou La Viaccia. Il se lance même dans le film de cape et d'épée avec Cartouche, où perce le personnage haut en couleur qu'il interprétera une décenie plus tard.
Jean-Paul Belmondo vole litteralement de succès
en succès, côtoyant Gabin dans Un singe en hiver, Ventura dans Cent mille dollars au soleil, il est avec Delon un "jeune loup" qui déplace les foules. Après son divorce d'avec Elodie Constant, il vit une aventure avec Ursula Andress, sa partenaire dans Les Tribulations d'un chinois en Chine. Mais malgrè les conseils de sa compagne, il renonce à faire carrière aux U.S.A, se concentrant sur ses films français.
Dans les années 70 et 80, Belmondo devient le "casse-cou" du cinéma, enchainant les rôles sympathiques de gentils escrocs, de flic aux méthodes peu orthodoxes ou d'aventuriers un peu ringards. Cette aptitude à tourner des scènes d'actions sans être doublé lui causera de nombreuses blessures, jusqu'à celle de trop sur le tournage de Hold-Up (1985).
Après l'échec commercial du film Le Solitaire, il remonte sur les planches sous la direction de Robert Hossein pour Kean d'après Alexandre Dumas. avant de tourner Itinéraire d'un enfant gâté de Claude Lelouch en 1988 ; mais la décenie 90 est celle du théâtre : Cyrano de Bergerac, Tailleur pour Dames et La Puce à l'oreille.
Belmondo revient ponctuellement au cinéma, comme pour Une chance sur deux où il retrouve Alain Delon devant la caméra de Patrice Leconte. Mais en 2001, il est victime d'un AVC qui l'éloignera du théâtre et du cinéma, après avoir tourné un dernier film, Un homme et son chien de Francis Huster.
Adulé par des générations de comédiens, honoré par la profession, Jean-Paul Belmondo, l'un de nos derniers grands représentants du vrai cinéma populaire, décède le 6 septembre 2021 à l'âge de 88 ans.
Mes films préférés :
- Cartouche
- Un singe en hiver
- L'homme de Rio
- Le Cerveau
- Borsalino
- Le Magnifique
- Peur sur la ville
- L'As des As
- Itinéraire d'un enfant gâté