Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Par Anachronique Val
Après avoir été élevé par les Indiens, John Russell (Paul Newman) fut adopté par un blanc mais retourna vivre dans la réserve où il se sentait plus à sa place.
Son père adoptif vient de mourir, et John se retrouve propriétaire d'une pension de famille qu'il se dépêche de vendre, au grand dam de Jessie (Diane Cilento), la gérante.
Dans la diligence qui le ramène chez lui, une discussion sur les Indiens se déroule entre certains passagers : Favor (Fredric March), agent des affaires indiennes et son épouse Audra (Barbara Rush), Jessie, et Cicero Grimes (Richard Boone), un aventurier fort en gueule et vulgaire.
Russell prend fait et cause pour les Indiens et dérange le couple Favor qui obtient qu'il termine le voyage à côté du conducteur (Martin Balsam). Bien vite toutefois, la diligence est attaquée par les hommes de Cicero qui visait l'argent que transporte Favor.
Hombre de Martin Ritt fait penser bien entendu à La Chevauchée fantastique et à la nouvelle de Flaubert "Boule de Suif" (qui était déjà à la base du film de Ford) ; il s'agit en fait de l'adaptation d'un roman d'Elmore Leonard.
Mais c'est avant tout une critique de l'Amérique blanche et "bien pensante", qui méprise les autres peuples vivant à ses côtés, quand elle ne les spolie pas.
Le génie est de ne pas faire du héros un personnage attachant : 'John Russell' est farouchement individualiste, qui revend sans état d'âme le bien de son père, refuse de venir en aide à un jeune soldat humilié par 'Cicero' et qui, lorsque il parvient à abattre deux des bandits, récupère l'argent et s'en va seul.
Il va devoir toutefois trainer derrière lui les passagers, obligés de suivre ses directives s'ils veulent simplement survivre. Dans cette fuite, les faiblesses prennent des proportions énormes, l'égoïsme des uns et des autres grandit et les lâchetés se font jour.
À ce titre, la dernière partie du film est un exemple de cruauté. Pour résumer, Hombre en dit plus sur l'humanité que tous les discours.
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog
