Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Fernand Joseph Désiré Contandin est né le 8 mai 1903 à Marseille. Ses parents sont tout deux acteurs amateurs, son père Denis se produisant sous le nom de Sined tout en étant comptable. Le jeune Fernand et ses frères le suivent très tôt sur les planches.
Après ses études, le jeune homme devient employé de banque, mais sera très vite renvoyé pour son peu de constance au travail. Sa passion pour la scène le pousse à s'accommoder de boulots "alimentaires" entre deux prestations dans les cabarets où il chante d'abord les chansons d'Ouvrard et de Polin, avant de mettre en avant ses propres créations écrites par Jean Manse.
Celui-ci a une soeur, Henriette, qui deviendra la femme de Fernand en 1925. La légende, mainte fois racontée, veux que ce soit la future belle-mère de notre artiste qui, à force de le surnommer "Le Fernand d'elle", lui ait inspiré son nom de scène. D'un autre côté, Fernandel veux dire "Petit Fernand" en patois provençal...
Après son mariage, Fernandel effectue son service militaire,
dont il est libéré le 29 avril 1926. Il reprend aussitôt ses tournées de cabarets et monte à Paris en 1928 pour se produire à Bobino. Engagé ensuite pour la revue d'hiver du concert Mayol, il y est repéré par Marc Allégret qui lui offre le rôle du groom dans le film qu'il prépare avec Sacha Guitry Le Blanc et le noir (1930).
L'année suivante, il côtoie Michel Simon dans On purge Bébé, adaptation par Jean Renoir de la pièce de Feydeau. Son troisième film, il le tourne en vedette : dans Le Rosier de Madame Husson (Dominique Bernard-Deschamps, 1932), il interprète un naïf, rôle qui sera souvent une constante dans ses films suivants.
Fernandel, dont le physique fait rire les foules dès son apparition à l'écran, devient l'acteur-fétiche de Christian-Jaque (Un de la Légion, François Ier), mais surtout de Marcel Pagnol : Angèle (34), Regain (37), Le Schpountz (38), La Fille du Puisatier (40), Topaze (51).
En 1939, il est mobilisé pendant la "Drôle de Guerre", et enregistre "Francine", chanson engagé contre la propagande allemande... Cela ne l'empêchera pas, une fois démobilisé à l'armistice de 1940, de tourner dans les films de la Continentale et de chanter sur les ondes de "Radio-Paris"....
Fernandel renoue avec le succès dans les années 50, grâce à Autant-Lara (L'Auberge rouge - 51), Jacques Becker (Ali Baba et les 40 Voleurs - 54), et Henri Verneuil (La Vache et le prisonnier - 59). c'est aussi à ce moment qu'il créer avec Jean Gabin une maison de production, la Gafer.
Mais son rôle emblématique sera bien entendu celui d'un curé haut en couleurs : Julien Duvivier tourne en Italie Le Petit monde de Don Camillo, d'après le livre de Giovanni Guareschi, en 1950 ; il réalise la suite, Le Retour de Don Camillo, avant de laisser la caméra à d'autres pour les quatre opus suivants.
Fernandel s'essaie au registre dramatique avec Le Voyage du père ou Heureux qui comme Ulysse, sa dernière prestation ; c'est lors du tournage de Don Camillo et les contestataires, en 1970, que, souffrant, il doit rentrer en France où on lui diagnostique un cancer. Le film restera inachevé et l'acteur le plus populaire des français (300 millions de spectateurs durant toute sa carrière) disparait le 26 février 1971.
A l'instar de Gabin, De Funès , Ventura et d'autres, Fernandel est l'un de ceux qui ont accompagné mon enfance : ses chansons, son "Don Camillo" sont dans ma mémoire. Il y a quelques années, en regardant sur Arte un documentaire consacré aux acteurs français pendant l'Occupation, j'ai été étonnée et choquée par un Fernandel tournant pour la Continentale sans semble-t-il se préoccuper du sort de son pays. Il est évident que la réalité devait être plus complexe que cela, mais il n'empêche que ce Fernand-là m'est comme qui dirait "resté dans la gorge", me faisant longtemps hésiter à lui écrire un post sur Ana'Blog.
Mais si je devais choisir mes "Gueules" selon leur attitude pendant la guerre et/ou leurs idéaux politiques, il n'y aurai pas grand monde dans cette rubrique...