Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Par Anachronique Val
D'aucun diront que je compare ce qui n'est pas comparable - et je reconnais que c'est vrai - mais mercredi dernier, deux films français sont sortis. L'un est une comédie dramatique, biopic d'un personnage oublié de l'Histoire, l'autre est une grosse comédie apte à plaire à ceux qui se gavent de téléréalité.
Donc, à ma gauche, Chocolat, réalisé par Roschdy Zem, avec Omar Sy et James Thierrée. Et à ma droite, Les Tuche, le rêve américain, avec Jean-Paul Rouve et Isabelle Nanty (une actrice que je trouve par ailleurs plutôt amusante).
D'un côté donc, celui qui fut le premier Noir à avoir connu le succès en France. De manière symptomatique, ce film fait parler de la même manière qu'Intouchables : j'ai ainsi lu un commentaire fustigeant la "volonté de vouloir victimiser le gentil noir contre le méchant blanc, et une auto-flagélation à rebours" (je ne me souviens plus des termes exacts mais c'était dans ce goût-là). L'auteur de ce commentaire précise par ailleurs qu'il n'ira pas voir le film.
De l'autre, le deuxième opus des tribulations d'une famille de français plus que moyens, partis rendre visite au fils ainé parti étudier dans une université américaine. Entre "Les Ch'tis à Hollywood" et les blagues de Cyr(biiiip)nouna, un humour si bas que si l'on tentait de faire pire, il faudrait creuser.
Comme je le craignais, Les Tuche est premier au box-office français dès sa sortie avec quelques 200 000 entrées (dégommant au passage Les Huit salopards). Chocolat est troisième (67 544 spectateurs) derrière Alvin & les chimpmuks (105 606). Je sais bien que ce ne sont que des chiffres : tout ceux qui ont vu Les Tuche n'ont pas forcément aimé, et, comme pour Intouchables (décidément on y revient) le "bouche à oreille" peux fonctionner pour Chocolat.
Mais je trouve affligeant cette sorte de "nivellement par le bas" qui semble atteindre le cinéma français, et plus particulièrement les films comiques : entre les ados plus ou moins attardés, les campeurs minables, les "régionaux" caricaturaux à souhait et les bourgeois mariant leurs progénitures à des "étrangers", on dirait que plus les ficelles sont grosses, plus le public en redemande.
J'ai parfaitement conscience que ces sous-genres ont toujours existé : la série des "Gendarmes" ou des "Charlots", les tribulations du "marseillais de service" (Fernandel) ou de "L'auvergnat bênet" (Fernand Raynaud), tout cela a constitué un "âge d'or" du cinéma comique français alors qu'une grande partie de ces films sont au mieux d'anodines comédies, au pire d'affreuses pantalonnades indigestes.
Après tout, c'est le temps qui fait d'un film un chef-d'oeuvre ou un navet. Alors en attendant, je vais aller voir Chocolat. Quant aux Tuche, et bien... Peut-être qu'un jour, s'il n'y a rien d'intéressant à la télévision, je me laisserai tentée par une diffusion sur TF1 ou W9...
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