Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Le post de Fred consacré à Taken (lien ici) a généré une fort intéressante discussion à propos de Luc Besson et des critiques français. Du coup, j'ai eu envie de mettre mon "grain de sel", par le biais d'un post coup de gueule à l'encontre non pas du réalisateur, mais des critiques qui le descendent en flamme.
En 2012, j'avais édité un post sur Besson, et je pense revenir bientôt sur le sujet, à la lumière de mes plus récentes découvertes quant à sa filmographie. Peut-être même figurera-t-il dans ma rubrique "Les réalisateurs", qui sait ?
Mais ce présent article étant consacré aux critiques de cinéma, je vais donc commencer par ce que ces personnages hautement qualifiés dans leur domaine pensent de lui :
Oui, Luc Besson "pioche" dans les oeuvres d'autres cinéastes pour faire son propre cinéma - il a d'ailleurs récemment été trainé en justice par John Carpenter (cf post) - mais il n'est pas le seul.
Oui, sa société "Europa Corps" fait furieusement penser à la défunte "Cannon" par sa politique : des films d'action calibrés, plein de cascades de voitures, de combats rapprochés et de dialogues virils à l'humour très basique. Mais elle produit aussi des films comme Peau d'ange de Vincent Pérez, Les Côtelettes de Bertrand Blier, Trois enterrements de Tommy Lee Jones ou Les Filles du botaniste de Dai Sijie (contant une histoire d'homosexualité féminine en Chine à l'époque de Mao, bien loin du cinéma "populaire" bessonnien)
Oui, Besson est un homme d'affaires... Mais le cinéma n'est-il pas une industrie autant qu'un art ? Les frères Lumière faisaient payer leur public, tout comme Georges Méliès ou Thomas Edison. Aujourd'hui encore, la rentabilité est mise en avant dans la production d'un film et, si il y a bien sûr des artistes, tous sont des techniciens au service d'un média.
Mais évidement, pour les critiques, Luc Besson est un mauvais cinéaste, un faiseur de fric sans aucune considération pour le cinéma... Parlons des critiques, justement : Je les vois comme des cinéastes ratés se vengeant de leur propre médiocrité en la rejetant sur ceux qui ont réussit, ou comme des gens rassis, snobs surtout, prompt à critiquer un film "populaire" et encensant un obscur drame social serbo-croate de trois heures et demi sous-titré en pakistanais.
Je n'oublie pas que les acteurs de la "Nouvelle vague" furent au départ des critiques de film : je n'ai que peu de souvenir des oeuvres de François Truffaut que j'ai vu dans ma vie, quant à Godard, après m'être ennuyée devant Le Mépris et À bout de souffle, je me garderai bien de me précipiter sur ses autres productions.
Lorsque j'ai eu l'idée de créer Anachronic Blog, je me doutais que j'aurais à faire la critique des films, et, comme je ne suis qu'une spectatrice lambda, je craignais que mes opinions ne soient au mieux que des lieux-communs sur les oeuves visionnées, au pire trop subjectives. Mais, si aujourd'hui je souris devant certaines de mes premières critiques, je trouve que je me débrouille plutôt bien. En fait, j'ai décidé de ne pas me formaliser : ce n'est pas parce que je n'aime pas deux films de Godard que ce cinéaste est mauvais. C'est le principe des goûts et des couleurs : je ne vais forcer personne à aimer ce que j'aime, et je ne veux pas être forcée à aimer ce qui me déplait.
C'est d'ailleurs en cela que le cinéma est un art : comme la peinture ou la littérature, on peut y trouver ce qui parle à notre intellect, ou à notre coeur. Imposer aux autres ses goûts, dire de manière péremptoire "je n'aimes pas, alors c'est de la m***de", c'est une forme de dictature, et j'exècre les dictatures. C'est pour cela que même si je suis parfois très critique envers un film, je pars toujours du principe qu'avec le temps, avec un certains "murissement" de ma personnalité, je peux aimer, voir adorer un film qui m'a rebuté sur le moment. L'inverse peut être vrai évidement : revoir une oeuvre qui m'a plus autrefois peut me décevoir aujourd'hui.
Mais j'espère ne jamais devenir un de ses critiques pédants et prétentieux qui prétendent mieux savoir que les autres : je veux rester les yeux, le coeur et l'esprit ouvert à tous les genres, même ceux qui à priori ne m'intéressent pas pour le moment. La vie est trop courte pour juger, je préfère découvrir...