Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Par Anachronique Val
Lorsqu'un coup de téléphone nocturne annonce à Salvatore (Jacques Perrin) qu'Alfredo est mort, c'est l'occasion pour ce cinéaste de renom de se remémorer sa jeunesse dans le petit village italien où, fils unique d'une veuve de guerre, il passait son temps entre l'église où il était enfant de choeur et le "Cinema Paradiso", domaine d'Alfredo (Philippe Noiret), projectionniste bougon et philosophe malicieux.
Cinema Paradiso est une déclaration d'amour au cinéma, un regard tendre et amusé sur l'histoire du Septième Art et son influence sur les spectateurs. Les italiens, c'est connu, sont très expressifs. Et assister aux séances du samedi soir au "Cinéma Paradiso" est l'occasion de constater que le spectacle est dans la salle.
Lorsque le curé du village fait son travail de censeur, agitant sa clochette dès qu'une scène de baiser apparaît à l'écran, Alfredo est tenu de couper la bande...On saura à la fin ce qu'il est advenu de ses chutes de pellicule.
Le charmant petit Salvatore (Salvatore Cascio), surnommé "Toto", est un gamin déluré qui apprend sans s'en rendre compte a aimer le 7ème art, et qui deviendra le bras droit d'Alfredo, lorsque celui-ci perdra la vue suite à l'incendie du cinéma.
Un film qui prend le temps de nous raconter la vie, qui nous montre un village respirant tranquillement au rythme des messes et des sèances de cinéma, où l'inauguration du Nuevo Cinema Paradiso (titre original du film) est l'événement d'importance et où, lorsqu'apparaît la silhouette de Brigitte Bardot à l'écran, les jeunes gars du village "s'occupent" activement au grand dam des anciens...
Cinema Paradiso raconte aussi la fin d'une époque, et lorsque Salvatore revient assister aux obsèques du vieil Alfredo, c'est pour voir le cinéma fermé, en passe d'être rasé, remplacé par un parking. Les jeunes ont déserté le village, les télévisions ont remplacé le grand écran, il n'y a plus les affiches géantes qui faisait rêver le petit Toto...C'est l'illustration parfaite de la chanson d'Eddy Mitchell "La Dernière Scéance" : "Bye bye les héros que j'aimais l'entracte est terminée...."
C'est un parfum doux-amer, une nostalgie qui vous saisit quand Salvatore visionne la bobine que lui a légué Alfredo, comme un dernier souvenir d'enfance.
Un beau film.
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