Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Charles Bronson aurait donc eu 100 ans aujourd'hui. Les habitués de ce blog savent qu'il est mon acteur favori depuis que j'ai une dizaine d'années. Cet article sera consacré aux questionnements qui sont les miens depuis ce jour où j'ai commencé à collectionner tout ce qui le concernait. J'en avais parlé une fois, dans un autre post (lien ici), mais je voudrais ici approfondir mon analyse en abordant plusieurs paradoxes dans ma "relation" avec l'acteur Charles Bronson, personnage complexe qui, à priori, n'avait absolument rien pour me plaire.
D'abord, son caractère : Avant de surfer sur le Net, je savais déjà qu'il n'était pas un joyeux camarade sur les plateaux de tournage. Mais c'est grâce au livre "Charles Bronson superstar" de Steven Whitney et aux blogs de Fred que j'ai vraiment mesuré l'étendue du "mystère Bronson" : quand il ne s'épanchait pas sur son enfance misérable, il restait des heures sans parler à quiconque entre deux prises, et pouvait même se montrer d'une incorrection incroyable avec certain(e)s de ses collègues de travail.
Je pense qu'il souffrait d'une timidité maladive, aggravée sans doute par un complexe issu de son enfance misérable. S'il s'est attiré l'inimitié de certains acteurs, il n'a, à ma connaissance, jamais causé de préjudices envers quiconque.
C'est dans le domaine de la vie privée que le caractère de Charles Bronson est le plus dérangeant, à mes yeux : La lecture des mémoires de Harriet Tendler, première épouse de l'acteur, m'a laissé un goût plutôt amère. Dans "Charlie and Me" (que j'ai chroniqué ici), certains passages sont glaçants, surtout vis-à-vis de notre temps troublé où la relation hommes-femmes est un sujet sensible.
Bien entendu, je tiens compte de l'époque à laquelle le couple Bronson-Tendler s'est épanouis et brisé : durant les années 50 et 60, le féminisme, s'il existait déjà, n'était pas encore ce qu'il sera une décennie plus tard. Mais tout de même : Jeune fille de 18 ans, rêvant de devenir actrice, Harriet va être littéralement "modelée" par un "Charley Buchinski" d'une trentaine d'années, et ce depuis le début de leur liaison. Et bien entendu, Charley n'accepte pas qu'elle regarde un autre homme alors que lui ne se gêne pas pour la tromper à tour de bras durant les tournages en exterieurs !
Et parlons aussi du "pacte" oral que le couple s'était fait lors de leur arrivée à Los Angeles : une fois l'objectif de Charley atteint (devenir un acteur reconnu), Harriet aurait fait carrière à son tour. La jeune femme mit donc ses propres aspirations artistiques en sourdine, travaillant dans des magasins de Beverly Hills, pendant que son époux se faisait une place au soleil. Mais alors qu'il grimpait les échelons du vedettariat, il parvint à convaincre sa femme de rester dans son ombre, à élever leurs enfants. Ironie du sort, ce sera Jill Ireland, seconde épouse de l'acteur, qui bénéficiera de sa célébrité en jouant à ses côtés. Fut-elle plus maline ou simplement avait-elle un caractère bien trempée ? Les deux, sans doute.
Certains diront que le livre de Tendler ne donne qu'un "son de cloche", si je puis dire. C'est vrai que la rancœur de la première "Madame Bronson" transparait beaucoup dans ce texte. Mais au détour d'un chapitre, on apprend la tendresse que l'acteur pouvait avoir envers sa femme et leurs deux enfants. Charles Bronson et Harriet Tendler sont des êtres humains, avec des facettes, des failles, des paradoxes aussi. Mais j'avoue que l'attitude de mon acteur favoris envers sa première épouse me déconcerte beaucoup.
Enfin, parlons de la saga du "Justicier". J'étais adolescente lorsque j'ai vu Un justicier dans la ville pour la première fois, et, si sur le moment je ne me suis pas posé de question sur le thème - après tout, Bronson avait déjà joué des "vengeurs" dans d'autres films - j'ai commencé à m'interroger récemment, surtout en mettant en parallèle les différents opus de la franchise et mes propres considérations sur la "loi du Talion". Certes, ce sont des œuvres de fiction, mais je m'interroge sur ma propre affection pour un acteur devenu une sorte de "superhéros" pour la NRA et une icône de la droite américaine.
Suis-je en train de "brûler ce que j'ai adoré" ? Non, car Charles Bronson restera mon acteur favoris. Comme tout un chacun, il fut un être humain avec ses facettes, ses zones d'ombre, ses failles, aussi. Ni meilleur, ni pire que vous et moi. Peut-être un peu plus fascinant de par son statut de "star". Mais il n'est pas le seul et il y a des individus bien plus troubles dans le milieu du cinéma. Alors je lui garde mon affection, même si j'avoue avoir perdu quelques illusions sur l'homme et sur l'acteur.