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Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même

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Captifs des Indiens (2)

Captifs des Indiens (2)Dans la première partie de ce post, nous avons abordé la réalité de la captivité chez les Indiens, notamment pour les femmes. Nous allons parler maintenant de la façon dont le cinéma s'est emparé de cet aspect douloureux de l'Histoire américaine.

Le western, destiné à un public familial, donne une vision idéalisée et édulcoré d'événements réels ou symboliques du Far West. Malgré tout, les massacres de colons et les enlèvements de femmes et d'enfants blancs sont à la base de beaucoup de films du genre. Voici un petit tour d'horizon :

Les histoires de Blancs enlevés et/ou élevés par les Indiens abondent dans la littérature d'outre-Atlantique, et l'une des plus emblématiques est sans conteste "Le Dernier des Mohicans", de James Fenimore Cooper. Le héros, 'Oeil-de-faucon', pris dans la guerre entre les anglais et les français sur la frontière canadienne, est un Blanc élevé par les Indiens Mohicans, et l'un des moments forts du roman est l'enlèvement de deux jeunes britanniques par les Hurons, alliés aux français.

Ce livre sera adapté à l'écran à trois reprises : en 1920, co-réalisé par Clarence Brown et Maurice Tourneur, avec Wallace Beery, Barbara Bedford et Alan Roscoe, puis en 1936 par George B. Seitz avec Randolph Scott, Binnie Barnes et Bruce Cabot, et enfin en 1992, sous la direction de Michael Mann, avec Daniel Day-Lewis, Madeleine Stowe, Russell Means et Wes Studi (chronique du film ici)

En 1952 sort Rose of Cimarron, réalisé par Harry Keller, contant l'histoire d'une jeune femme blanche (Mala Powers) qui va venger la mort de ses parents adoptifs, des fermiers Cherokees, tués par des bandits. il semble que le personnage soit inspiré d'une femme hors-la-loi.

Nous avons ensuite La Prisonnière du désert (1956), peut-être le plus célèbre film sur le sujet : 'Ethan' (John Wayne) et son neveu 'Martin' (Jeffrey Hunter) vont passer des années à rechercher la jeune 'Debbie' (Natalie Wood), enlevée par le chef Comanche 'Scar' (Henry Brandon ). Réalisé par John Ford, c'est un pur chef-d'oeuvre. La scène où 'Ethan' est confronté à deux jeunes femmes blanches arrachées aux indiens est poignante, Wayne n'y prononce pas un seul mot, mais son regard en dit long... Malgré tout, la fin est très "hollywoodienne" : la jeune 'Debbie' retrouvée est acceptée par sa famille d'adoption. Ford nous donnera plus tard une autre vision de ce "retour", nous en parlerons plus loin. Le scénario signé Frank S. Nugent s'inspire d'un livre d'Alan LeMay, auteur d'un autre roman, qui inspira le film Le Vent de la plaine (1959) et qui présente le schéma inversé de La Prisonnière : une jeune Indienne (interprétée par Audrey Hepburn), recueillie et élevée par une famille blanche, est réclamée par sa tribu.

Captifs des Indiens (2)

À gauche : Natalie Wood dans La Prisonnière du désert, à droite, Audrey Hepburn et Burt Lancaster dans Le Vent de la plaine : inversion des rôles, mais traumatisme commun.

 

Dans Comanche Station (1960) , 'Jefferson Cody' (Randolph Scott) recherche sa femme, prisonnière des Comanches depuis dix ans. Il va libérer Nancy Lowe (Nancy Gates), dont le mari a promis une prime de 5 000 $ à quiconque la ramènerait vivante. Si ce western peut-être qualifié de psychologique, il est plus tourné vers l'appât du gain qui entraine des aventuriers à vouloir "récupérer" la jeune femme que vers les sentiments de celle-ci envers ses geoliers Indiens.

Cinq ans après La Prisonnière du Desert, John Ford reprend le thème des Blancs captifs des Indiens mais en insistant cette fois sur le drame humain qui en découle : dans Les Deux cavaliers (1961), les personnages joués par James Stewart et Richard Widmark sont chargés de retrouver et ramener à la civilisation des gens qui sont prisonniers parfois depuis des années... Un film qui se révèle plus proche de la réalité que son "ainé", et se termine tragiquement pour certains protagonistes.

Captifs des Indiens (2)

Les Deux cavaliers : où l'on parle de ceux qui sont "libérés" physiquement, mais pas psychologiquement...

 

Dans L'Homme sauvage (1968), un apache renégat veux à tout prix récupérer son fils métis, que sa mère (Eva-Marie Saint) a pris avec elle lorsqu'elle a fuit la tribu.

La fin des années 60 et le début des années 70 sont celles de la remise en question de l'Histoire américaine, et d'un cinéma moins innocent : ainsi, Soldat Bleu (1969) : sous couvert de guerres indiennes, c'est une dénonciation de la Guerre du Vietnam. L'héroïne en est une jeune blanche (Candice Bergen), enlevée par les Indiens, qui est "sauvée" par les blancs, présentés comme de véritables barbares.

Un an plus tard, Un Homme nommé Cheval d'Elliott Silverstein conte comment un aristocrate anglais (Richard Harris) retenu prisonnier des indiens, parvient à devenir l'un d'eux. Ce film connaitra deux suites, La Revanche d'un homme nommé Cheval (1976- Irvin Kershner) et Le Triomphe d'un homme nommé Cheval (1982- John Hough).

Toujours en 1970, Little Big Man tire à boulets rouges sur les "figures" de l'Ouest : un jeune homme (Dustin Hoffman), après avoir grandit au milieu des Indiens, jette un regard candide (et peu flatteur) sur les Blancs.

Captifs des Indiens (2)

Little Big Man, Soldat bleu, Un homme nommé cheval : la contestation mode western.

 

Captifs des Indiens (2)Il faut attendre les années 90 pour que le thème se fasse moins polémique et plus "naturaliste" : dans Danse avec les loups (1990), le personnage de 'Dressée avec le poing' (Mary McDonnell) sera le "lien" entre le Major Dunbar (Kevin Costner) et ses nouveaux amis. Le film n'élude pas le problème puisqu'on apprend dans le dialogue que la jeune femme dût littéralement se battre pour ne plus être considérée comme esclave, mais lorsque le héros la rencontre, elle est devenue un membre à part entière de la tribu.

En 1997, le téléfilm La Piste de la délivrance -inspiré de faits réels- raconte le destin de deux femmes enlevées par les Sioux Lacotas en 1868.

Plus récemment, nous avons Les Disparues (2003), réalisé par Ron Howard, avec Tommy Lee Jones, qui interprète un homme ayant vécu parmi les Indiens, qui doit partir à la recherche de ses deux petites-filles enlevées par les Apaches.

Ink - A tale of Captivity (2010), est lui-aussi basé sur une histoire vraie : celle de Mary Rowlandson, prisonnière 11 semaines des Indiens. Elle écrivit un livre qui deviendra un best-seller.

Comme vous pouvez le constater, le thème inspire depuis longtemps la culture américaine, et le cinéma en a tiré des chefs-d'oeuvres. Je n'ai peut-être pas évoqué tous les films et téléfilms qui ont abordé ce sujet, mais il est certain que la jeune femme prisonnière ou du jeune garçon devenu "brave" sont des images fantasmées de la conquête de l'Ouest qui hanterons encore longtemps le genre.

Captifs des Indiens (2)

 

 

 

 

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D
Au moins un film oublié ( et quel film ) .."Hombre" de Martin Ritt  ou un blanc élevé par les indiens revient a la civilisation pour récupérer un héritage et se trouve confronté a une galerie de personnages ( formidable Richard Boone ) pour certains racistes pour d autres vénals ( vol de l argent servant a nourrir les indiens dans leur réserve ) ou laches quand ce n est pas les trois a la fois . " Hombre" est un film un peu passé inaperçu a l époque , un western " psychologique" en quelque sorte mais le message est très clair. Il mérite d etre sur ta liste.
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