Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Par Anachronique Val
Qu'est-ce que le cinéma populaire ? Pourquoi ce terme est-il regardé de haut par certains "critiques", comme si ces oeuvres n'étaient pas digne du cinéma ? J'ai lu quelque part que Georges Meliès projetait ses bobines dans des foires. Les premiers films, qu'ils soient français ou américains, étaient des transpositions de livres aussi "populaires" que des "dime novels" ou des "feuilletons"...Le cinéma est le successeur du théâtre, lui-même genre populaire.
J'ai grandis en regardant les grimaces de Louis de Funès, le face-à-face 'Don Camillo'-'Pepone', la bonhomie de Bourvil. Je me souviens qu'un soir, ma mère et moi avons essayé de voir un film d'Igmar Bergman...après dix minutes devant un couple qui s'engueulait dans un appartement, nous avons décrété d'un commun accord que Bergman n'était pas fait pour nous !
Longtemps, j'ai soigneusement évité certains films, échaudée sans doute par cette experience, ou parce que j'ai des goûts très simples. Pendant quelques temps, je me targuais même de ne pas être un de ces "pisse-froid" qui vénèrent des films incompréhensibles réalisés par des gens chichiteux. J'ai été une sorte de "snob prolétaire" (heu...ça existe, ce terme ?), mais je me suis rendue compte que j'agissais ainsi comme les "pisse-froid" que j'excécrais..
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Car après tout, rejeter ce qui nous parait incompréhensible, inaccessible, c'est une attitude qui va à l'encontre de ce que j'aime dans l'humanité : le goût de la découverte. J'ai eu l'occasion de réflechir sur le sujet, au détours de conversations avec des collègues de travail, d'amis, de membres de ma famille. Bien avant mon arrivée sur Internet, je commençais déjà à réviser mon jugement. Et j'en viens à cette idée : rejeter sans connaître, c'est idiot, c'est hypocrite, c'est même de la paresse culturelle.
Alors j'ai fais mienne cette phrase de Chateaubriand : "C'est une méchante manière de raisonner que de rejeter ce qu'on ne peut comprendre"...J'avoue néanmoins avoir encore des aprioris, des rejets, que ce soit par exemple pour la trilogie du Parrain ou pour les oeuvres de Stanley Kubrick. Je commence seulement à découvrir certains films, et je reste fidèle à ma théorie de "L'instant T" : il y a un moment et un état d'esprit pour apprécier (ou non) une oeuvre.
Je commence seulement à ne plus faire la différence entre "cinéma populaire" et "cinéma d'auteur", je comprends - enfin - que faire un film est toujours à but commercial, quoi qu'on en dise, et que la vraie différence n'est pas entre Godard et Oury, entre Casavetes et Nolan, mais entre "bons" et "mauvais", que cela s'applique aux scenarii, aux réalisateurs ou aux acteurs. Sans compter que notre personnalité, notre éducation, notre culture joue aussi un rôle dans l'amour ou le désamour pour un film.
Bref, le monde du cinéma est aussi complexe que n'est l'être humain, tout simplement. Tant pis ? Tant mieux, au contraire !
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