Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Par Anachronique Val
Novembre 1918. Alors qu'il erre au milieu des cadavres de soldats sur le champ de bataille, le sergent Possum (Lee Marvin) tue un allemand qui venait vers lui en disant quelque chose d'incompréhensible. Ce n'est que plus tard, rentré dans son QG, qu'il apprend de la bouche de son supérieur que la guerre vient de se terminer.
Vingt-quatre ans plus tard, le sergent Possum, au sein de la "Big Red One", participe au débarquement en Afrique du Nord avec de jeunes recrues pour qui se sera le "baptême du feu"...
Au delà de la gloire de Samuel Fuller (1980) est un chef-d'oeuvre du film de guerre. Raconté en voix off par le jeune Zab (Robert Carradine), écrivain amateur et alter-égo du réalisateur, c'est une succession de scènes dramatiques ou drôles qui démontre que l'héroïsme est une invention de romanciers, et que les gars qui partaient tuer ou se faire tuer n'y allaient pas la fleur au fusil.
En fait, ce film est autant un drame psychologique qu'un film de guerre. Il démontre simplement des hommes, engagés dans un conflit, qui tentent entre deux horreurs de vivre un tant soit peu comme des êtres humains, ce qui est loin d'être facile : ainsi, les quatre de la "Big Red One" qui passent de champs de bataille en villages amicaux se gardent bien de retenir le nom des nouvelles recrues, de crainte de voir celles-ci mourir.
J'ai appris qu'au départ, les producteurs proposaient John Wayne pour le rôle de Possum mais que Fuller aurait dit "si c'est Wayne, je ne fait pas le film !" Sans offenser les fans du "Duke", la rudesse de Marvin s'adapte mieux à cette oeuvre qui s'apparente plus à une évocation du vécu qu'à un catalogue d'héroïsme.
Les scènes tragi-comiques (l'accouchement dans le tank, l'attaque de l'asile de fous) alternent à des moments -rares- de calme où les caractères se dévoilent : ainsi, Possum semble de tout le film "poursuivi" par des enfants, de l'Afrique à l'Europe, et ce n'est qu'au contact du petit déporté qu'il commence à avoir une attitude humaine et chaleureuse.
Il y a un curieux fil rouge : le général SS qui semble "poursuivre" la Big Red One. Mais, encore plus bizarrement, on perd sa trace vers la fin, suite à la scène dans le manoir allemand (ci-contre, une photo qui me fait penser qu'une partie de cette scène à été coupée).
Deux actrices françaises apparaissent dans le film : Stéphane Audran dans le rôle d'une résistante et Marthe Villalonga qui joue une belge chez qui la Big Red One prend un repos bien mérité. Guy Marchand aurait aussi participé au tournage, mais fut coupé au montage.
À noter que Samuel Fuller apparait lui-même dans le rôle du reporter de guerre.
Au-delà de la gloire est un grand film de guerre.
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