Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Dois-je défendre Roman Polanski contre ses détracteurs alors que je suis persuadée qu'il n'est qu'un violeur et qu'il devrait accepter son jugement ? Ma réponse est oui. Paradoxal ? Oui, sans doute, mais comme je suis du genre à ne pas accepter la connerie, je me suis sentie obligée d'aller aux sources de "l'affaire Polanski", de réviser mon opinion sur le sujet et de me positionner face à la polémique alimentée par des individus que je ne peux souffrir.
Je reviens brièvement sur les faits : en 1977, Roman Polanski avait drogué puis agressé sexuellement une jeune fille, Samantha Gailey, âgée à l'époque de 13 ans. Poursuivi depuis quarante ans par la justice américaine (mais pardonné par sa victime), le metteur en scène avait fuit en Europe.
Vivant en Suisse (qui refuse son extradition vers les États-Unis), il est choisi pour présider la prochaine cérémonie des "César", et se retrouve par conséquent au centre d'une polémique qui aujourd'hui le pousse à renoncer à cette fonction honorifique.
Avant d'aborder mon "coup de gueule", je vais parler en toute franchise :
Roman Polanski le réalisateur m'emmerde profondément. Je n'ai vu qu'une poignée de ses films et je n'ai pour tout souvenir que l'ennui devant Le Bal des vampires et Le Pianiste.
Roman Polanski le violeur me met en colère. Il aurait dû accepter sa condamnation. Néanmoins, si je considère le viol comme imprescriptible et impardonnable, je me mets du côté de la victime qui réclame la fin des poursuites judiciaires à l'encontre de son agresseur, parce que j'estime que c'est à elle de décider en fin de compte.
Maintenant, parlons de ses détracteurs...
Les associations féministes : je me considère comme féministe, mais ne me reconnais pas dans les plus agressifs de ces groupes, plus prompt à gueuler contre une pub ou un film jugés sexistes qu'à lutter contre les vrais problèmes que rencontrent les femmes au quotidien. C'est bien beau de cracher sur un film de Paul Verhoeven ou sur Polanski, mais que fait-on contre la différence salariale entre homme et femme ou contre la fermeture de certains centres de Planning Familial ? Bien sûr, la plus grande partie des associations féministes font vraiment dans le concret pour faire changer les choses mais les plus médiatiques ne sont composées à mes yeux que de "sexistes femelles", qui cherchent à se venger (bêtement) du "sexisme mâle". Mais ceci est une autre histoire qui ne concerne pas un blog sur le cinéma...
Les antisémites : c'était à prévoir, hélas : l'affaire a attiré les tenant d'idées nauséabondes venues d'un passé pas si lointain... Des violeurs, des assassins, des voleurs ou plus simplement des imbéciles, il y en a dans toutes les religions, dans toutes les communautés. La preuve, serais-je tentée de dire par provocation.
J'avoue que cette "parole décomplexée" qui s'étend sur le Net a tendance à m'inquiéter : au nom de la "liberté d'expression", certains se laissent aller à des commentaires qui n'ont rien à voir avec la liberté d'expression, justement, mais plus avec les dégueulis de comptoir de vieux para nostalgiques d'une certaine France. Surtout que la plupart de ces étrons sont commis par des individus qui n'ont pas connus la seconde guerre mondiale...
Toujours est-il que, maintenant que les faits sont consommés, que Polanski a renoncé à devenir président des "César", et que les cons ont déversés leur venin sur les réseaux sociaux, ne reste plus que deux perdants dans cette désolante histoire : la dignité humaine et le cinéma.