Je ne connais rien au cinéma... mais j'en parles quand même
Par Anachronique Val
La Guerre d'Algérie vient de se terminer. Sur les quais de Marseille, Dino Barran (Alain Delon) est abordé par Isabelle (Olga Georges-Picot) à la recherche d'un certain Mozart. Mais celui-ci ne reviendra pas. Dino accepte l'étrange proposition de la jeune femme : fracturer le coffre d'une grande société parisienne pour y remettre des obligations qu'Isabelle avait volé. C'est sans compter sur Franz Propp (Charles Bronson), mercenaire cynique et opportuniste, qui flaire un bon coup et se fait embarquer dans l'aventure...
Adieu l'Ami de Jean Herman est un choc de titans. La rencontre de deux personnalités, deux "monstres", l'un déjà célèbre, l'autre en passe de le devenir. Alain Delon, auréolé du succès du Samouraï tourné l'année précèdente, était à l'époque la star n°1 en France. Pour lui donner la réplique, il exigea un acteur américain au moins aussi populaire que lui. Après avoir vainement auditionné toute les stars hollywoodiennes, Jean Herman et le producteur Serge Silberman se rabattirent sur un second couteau, apperçu dans Les Douze Salopards, et à qui Herman avait trouvé une "allure de fauve".
Et Charles Bronson est étonnant dans ce film : légionnaire américain toujours à l'affut d'un coup pendable, il est l'exact opposé de Delon, froid et méthodique. Et l'alchimie fonctionne. Il suffit de se rappeler l'impressionnante bagarre des deux hommes dans le coffre, la façon dont il se séparent après le coup foireux ("Tu as une parole ? " "Non" "Alors donne-la moi") et l'on convient qu'Adieu l'ami est un "film d'hommes".
Film d'hommes, oui, parce que je ne peut pas en parler sans évoquer Bernard Fresson, alias l'Inspecteur Meloutis, un flic colérique et intelligent, qui comprends vite que Propp n'était pas seul ce soir de Noël dans les locaux de la société. L'arrestation de Bronson sur le parking
de l'aéroport est un moment d'anthologie du polar.
Film d'hommes aussi, parce qu'Olga Georges-Picot est une garce retorse, et Brigitte Fossey une femme-enfant plutôt gourde. Les deux femmes se connaissent très bien, la première ayant un grand ascendant sur l'autre (sont-elles amantes ?). Isabelle a formenté le piège dans lequel Barran et Propp sont tombés, et on peut même dire que Dominique "Waterloo" est un simple pion dans son redoutable plan. Les deux actrices sont parfaites, et collent bien à l'ambiance du film (misogyne ?).
Pour résumer, Adieu l'ami est un bon polar, où l'on retrouve la "patte" du scénariste et écrivain Sebastien Japrisot, et qui bénéficie de l'extraordinaire musique obsédante de François de Roubaix. Même si le film a un peu vieilli, il en a gagné une patine qui en fait un classique.
YEAHHHHHH !
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