• Victor Mature (1913-1999)

    Le premier "gros bras" d'Hollywood ?

    Victor Mature (1913-1999)Victor John Mature est né le 29 janvier 1913 à Louisville (Kentucky), d'un père italien et d'une mère américaine d'origine suisse. Après ses études il s'inscrit au Military Institute du Kentucky avant d'intégrer une école de commerce. Il travaillera brièvement comme vendeur de bonbons puis dans un restaurant avant de partir pour la Californie.

    Victor Mature étudiera au célèbre Passadena Playhouse avant d'être repéré par un agent au service du producteur, réalisateur et acteur Hal Roach, avec qui il signe un contrat de sept ans en 1939.

    Après un petit rôle dans Le Mystère de la péniche cette même année, il tient le rôle-titre de Tumak, fils de la jungle en 1940. Le personnage fait sensation et l'échotière Hedda Hooper dira de lui qu'il est un "Johnny Weissmuller en miniature" !

    Victor Mature (1913-1999)Roach va "prêter" Mature à d'autres studios, notamment la RKO pour la comédie musicale No, no, Nanette (1940). L'acteur est d'ailleurs aussi à l'aise dans la comédie musicale que dans le "Film Noir".

    Mais il s'inquiète néanmoins de la direction que prend sa carrière. Lors d'une interview, il prétend que "Personne ne pense que je sois capable de faire autre chose que grogner et gronder". Il va alors tenter sa chance sur les planches. Sa performance dans  Lady in the Dark en 1941 lui vaudra de bonnes critiques publiques et professionnelles. Il jouera jusqu'en juin de cette même année.

    Côté cinéma, la 20 Century Fox annonce qu'elle possède désormais la moitié du contrat qui lie Mature à Roach, et table sur deux films en préparation avec l'actrice Alice Fay, Bowery Nightingale et The Changaï Gesture. Si le premier ne se fait pas, dans le deuxième, Victor Mature partage la vedette avec Gene Tierney.

    En 1942, Mature est appelé sous les drapeaux. Affecté au sein de l'U.S. Navy, on lui décèle une anomalie de la vision (il ne distingue pas les couleurs). Il s'engage néanmoins dans les gardes-côtes.

    Victor Mature (1913-1999)Après sa démobilisation, il retourne sur les plateaux de cinéma : John Ford en fait un 'Doc Holiday' esthète et poète dans My Darling Clementine (1946), Henry Hathaway lui donne le rôle principal dans Le Carrefour de la mort (1947) face à Richard Widmark. Si l'acteur joue dans des westerns (Massacre à Furnace Creek) et dans des Films Noir (La Proie), c'est un autre genre cinématographique qu'il marquera de son empreinte :

    En 1949, Cecil B.DeMille en fait le champion des Hébreux dans Samson et Dalila aux côtés d'Hedy Lamarr. Ce sera son premier "péplum", suivit par Androcles et le lion (1952) de Chester Eskine, La Tunique (1953) de Henry Koster, Les Gladiateurs (1954) de Delmer Daves...

    Victor Mature ne portera pas toujours la jupette et le glaive. On le trouve aussi dans des comédies (Stella -1950, Something for the Birds - 1952) ou le genre musical (La Première sirène - 1952). Il tourne aux côté de Clark Gable dans Voyage au-delà des vivants (1954), un drame de guerre, il retrouve l'univers du "Film Noir" avec Les Inconnus dans la ville (1955) de Richard Fleischer, interprète 'Crazy Horse' dans Le Grand chef (1955) de George Sherman.

    Victor Mature (1913-1999)Lorsque le "Péplum" décline à Hollywood, il va alterner les films d'aventures "exotiques" comme Safari ou Zarak le valeureux (tout deux de Terrence Young) ou Tombouctou (1959) de Jacques Tourneur. Il interprète un directeur de cirque menacé de faillite dans Le Cirque fantastique (1959) de Joseph M. Newman, retrouve un temps le "Péplum" avec le rôle-titre d'Anibal (1959) de Carlo Ludovico Bragaglia et Edgar G. Ulmer.

    Après avoir côtoyé Orson Welles dans Les Tartares (1961) de Richard Thorpe et Fernandino Baldini, il joue dans la comédie policière italienne Le Renard s'évade à trois heures (1966) de Vittorio De Sica avec Peter Sellers et Britt Ekland. Il est ensuite au casting du film Head (1968) de Bob Rafelson, un "véhicule" pour le groupe pop The Monkees.

    À cette époque, Victor Mature commence à se désintéresser du cinéma. Il déclare en 1968 : "En fait, je suis un golfeur. C'est mon vrai métier. Je n'ai jamais été un acteur. Demandez à quiconque, particulièrement aux critiques."

    Dans les années 70, il est quelque peu oublié lorsque Michael Winner l'emploi par deux fois, d'abord dans Won Ton Ton, le chien qui sauva Hollywood (1976) puis dans L'Arme au poing (1979) avec James Coburn et Sofia Loren.

    La dernière apparition de Victor Mature à l'écran date de 1984, lorsqu'il interprète 'Manoah', le père du héros dans... l'adaptation télévisuelle de Samson et Delilah. La boucle est bouclée.

    Victor Mature se retire ensuite à Rancho Santa Fe en Californie, où il décède des suites d'une leucémie le 4 août 1999 à 86 ans.

    Vie privée :

    Victor Mature fut marié cinq fois : d'abord à Frances Charles de 1938 à 1940, puis Martha Stephenson Kemp entre 1941 et 1943, il convole ensuite avec Dorothy Stanford Berry en 1948 avant de divorcer en 1955. Il épouse ensuite Adrienne Urwick en 1959. Le mariage durera dix ans. Enfin, il se liera à la cantatrice Loretta Sebena en 1974 avec qui il aura une fille, Victoria.

    « Massacre à Furnace Creek (1948)Le Corbeau (1943) »

  • Commentaires

    1
    Kinskiklaus
    Lundi 27 Novembre 2017 à 11:11

    Merci pour ce bel article consacré à une acteur que je ne connaissais pas.

      • Lundi 27 Novembre 2017 à 11:43

        Pour tout dire, je ne connais pas tellement non plus... À part My Darling Clementine et Furmace Creek.

    2
    Daniel
    Lundi 27 Novembre 2017 à 17:52

    C' est un peu le Stallone de l' époque : pas très bon comédien , pas trop fûté , quelques rares rôles intéressants mais un grand capital sympathie. " Samson et Dalila" est un fleuron des péplums avec l' excellente Hedy Lamar pour qui nous aurons une reconnaissance éternelle  vu qu' elle a créé ( entre autres..)  ,avec son mari  les bases de nos portables actuels.

      • Lundi 27 Novembre 2017 à 18:06

        Hedy Lamarr en avait dans la caboche (cf mon article http://anachronique.eklablog.com/hedy-lamarr-1914-2000-a90464391) !

        Pour en revenir à Victor Mature, il est évident qu'il a été le précurseur de Stallone et autres Swcharzie. Et comme eux, il a cherché à se diversifier. Ce que j'ai aimé en écrivant ce post, c'est qu'il ne semblait pas être dûpe de sa place dans le milieu du cinéma hollywoodien.

         

    3
    FJWalk
    Lundi 27 Novembre 2017 à 19:48

    Ernest Borgnine raconte dans ses mémoires que l’ami Victor avait beau être musclé, il était très douillet et très prudent sur les tournages...

      • Lundi 27 Novembre 2017 à 21:59

        Curieux, ça me fait penser à Bronson, non ? Tu n'avais pas fait un post là-dessus ?

    4
    Mardi 28 Novembre 2017 à 09:08

    Victor Mature est surtout un visage familier pour le fan de cinéma l'ayant vu dans beaucoup d'oeuvres diverses, par exemple : "La proie" de Siodmak, et autres polars noirs dont je parlerai un jour. Je  suppose d'ailleurs que Fred les a déjà traité depuis longtemps et qu'on peut les trouver sur WWW. Bref, pas un acteur inoubliable, mais qui fut dans le paysage assez souvent.

    5
    FJWalk
    Mardi 28 Novembre 2017 à 19:32

    D’après certains témoignages, Charley était prudent, il balayait lui-même les plateaux et jetait les cailloux en extérieurs, pour ne pas se blesser pendant les cascades. Par contre, contrairement à Mature, il ne rechignait pas à exécuter les bagarres comme le prouvent des scènes bien réglées dans « LE VIRGINIEN », « ADIEU L’AMI », « HAVE GUN, WILL TRAVEL ». Bizarrement, il est doublé (et c’est très visible) dans « LE CALIFORNIEN » alors que la bagarre n’a rien de compliqué...

    6
    Lili
    Vendredi 13 Septembre à 20:39

     Mature a joue’ avec Gene Tierney dans Shanghai Gesture de Josef Von Sternberg. Betty Grable n est pas dans le film.

     

      • Vendredi 13 Septembre à 20:45

        Au temps pour moi ! J'ai rectifié. Merci, Lili.

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