• René Clair (1898-1981)

    Cinéaste, Académicien, Satrape

    René Clair (1898-1981)René Lucien Chômette nait le 11 novembre 1898 dans le premier arrondissement de Paris. Fils d'un savonnier, il grandit dans le quartier des Halles avant d'étudier aux lycées Montaigne puis Louis-le-Grand où il rencontre le futur écrivain dadaïste Jacques Rigaut.

    Après sa mobilisation en 1917 comme ambulancier, il devient journaliste en 1918 et prend le pseudonyme de René Després. Il va également écrire, sous le nom de Danceny, des chansons pour la chanteuse Damia.

    Il prend ensuite le pseudonyme de René Clair pour débuter comme acteur au cinéma dans Le Lys de la vie, Le Sens de la mort, L'Orpheline, Parisette. Il va également devenir directeur du supplément cinéma de la revue "Théâtre et Comoedia illustré".

    René Clair commence en 1922 l'écriture d'un scénario, Le Rayon diabolique, qu'il tournera en 1923 et qui sortira en 1925 sous le titre Paris qui dort.

    Choisi pour réaliser un court-métrage destiné à l'entracte du ballet Relâche qui doit être joué en 1924 au théâtre des Champs-Élysées, il tourne Entr'acte dans lequel apparaissent les artistes Marcel Duchamp et Man Ray. D'inspiration dadaïste, ce film fera scandale et le fera connaitre.

    Suivront Le Fantôme du Moulin-Rouge, Le Voyage imaginaire, La Proie du vent, Un Chapeau de paille d'Italie d'après Eugène Labiche, Les Deux timides... En 1929, il participe à l'écriture du scénario de Prix de beauté, qu'il devait réaliser, mais qui sera confié à Augusto Gemina.

    René Clair (1898-1981)En 1930, son premier film parlant, Sous les toits de Paris, obtient un grand succès et comptera parmi ses admirateurs les cinéastes Charlie Chaplin et Eisenstein. La même année sort Le Million, comédie musicale avec Anabella, René Lefevre et Jean-Louis Allibert.

    René Clair réalise ensuite À nous la liberté (1931), satire du monde industriel avec Henri Marchand et Raymond Cordy. Ce film est produit par la société allemande Tobis. En 1936, lorsque sort Les Temps modernes de Chaplin, la Tobis (qui entre temps est tombée sous le contrôle de Goebbels) intente un procès à l'encontre du réalisateur anglais pour contrefaçon et plagiat, malgré l'opposition de Clair qui admire énormément Chaplin.

    En 1934, l'échec du film Le Dernier milliardaire incite René Clair à se rendre en Angleterre où il tourne deux films. Si Fantôme à vendre (1935) est un succès, Fausses nouvelles (1937), remake de du film britannique Le Mort en fuite (1936) sera un échec.

    Revenu en France, le réalisateur met en chantier Air en 1939, mais la déclaration de guerre et la mobilisation d'une partie de l'équipe va entrainer l'abandon du film. En juin 1940, Clair quitte le pays avec sa famille et s'exile d'abord en Espagne et au Portugal avant de partir aux États-Unis.

    À Hollywood, il tourne quatre films : La Belle ensorceleuse (1940) avec Marlène Dietrich, Ma femme est une sorcière (1942) avec Frederick March et Veronica Lake, C'est arrivé demain (1943) avec Dick Powell et Linda Darnell et enfin Dix petits Indiens (1944), adaptation des "Dix petits nègres" d'Agatha Christie.

    De retour en France en 1946, René Clair tourne Le Silence est d'or, comédie dramatique avec Maurice Chevalier et François Perrier. Il enchaine avec La Beauté du diable (1949) dans lequel Michel Simon et Gérard Philipe rejouent le mythe de Faust.

    Il retrouve Gérard Philipe pour Belles de nuit (1952), comédie onirique où un compositeur rejoint dans ses rêves les jeunes femmes qu'il rencontre dans la journée, entre autres Martine Carol et Gina Lollobrigida.

    René Clair réalise ensuite Les Grandes manoeuvres (1955), son premier film en couleur, une variation sur le thème de "Don Juan" avec toujours Gérard Philipe dans le rôle d'un soldat de l'Empire qui séduit - suite à un paris- une jeune modiste jouée par Michèle Morgan.

    Il adapte ensuite un roman de René Fallet, "La Grande ceinture", sous le titre de Porte des Lilas. Dans ce film, le chanteur Georges Brassens, grand ami de Fallet, fait une apparition et chante trois chansons, "Au bois de mon coeur", "L'Amandier" et "Le Vin".

    L'année de sortie du film, en 1957, René Clair est élu Satrape du Collège de 'Pataphysique.

    En 1960, il devient le premier cinéaste à faire son entrée sous la coupole de l'Académie Française, occupant le 19ème fauteuil. Il poursuit sa carrière avec Tout l'or du monde (1961) avec Bourvil, Philippe Noiret et Claude Rich,  La Française et l'amour (1962), Les Fêtes galantes (1966) réunissant Jean-Pierre Cassel, Philippe Aaron et Marie Dubois, qui sera son dernier film.

    René Clair se tourne ensuite dans l'écriture et la mise en scène, notamment avec la reprise de Relâche de Francis Piccabia en 1970, et Orphée et Eurydice à l'Opéra de Paris en 1973.

    En 1974, il préside le jury du Festival de Cannes, et la même année il crée la pièce La Catin aux lèvres douces au théâtre de l'Odéon. Il représente également l'Académie Française dans la Séance publique annuelle des Cinq Académies consacrée à la bande dessinée en octobre de la même année.

    René Clair meurt le 15 mars 1981 à Neuilly-sur-Seine.

    Il avait un frère également cinéaste, Henri Chômette.

    René Clair (1898-1981)

     

     

     

    « Bein alors, Leo ? Happy Birthday, John Wayne ! »

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