• Le cinéma des français

    Quinze ans d'années trente (1929 - 1944)

    Le cinéma des français Au début du 20ème Siècle le cinéma était balbutiant, aussi bien en France qu'ailleurs. Mais très vite, il su trouver son public. Ainsi des sociétés de productions sont nées, comme Gaumont ou Pathé, mais elles ont eu besoin de l'apport financier et logistique de firmes étrangères pour produire leurs films.

    C'est ainsi qu'est né à Joinville les studios Paramount, et que des films ont été tournés en deux versions en Allemagne.

    Jean-Pierre Jeancolas, signe avec ce Cinéma des français une excellente analyse de notre cinéma des années 20 à 40. Depuis le début du parlant jusqu'à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les espoirs, les déchirements, les doutes et les erreurs d'un cinéma qui cherche à se défaire de son côté "théâtre filmé" de ses débuts pour trouver son style, sa spécificité.

    Débutant par les difficultés financières qui coulèrent plusieurs compagnies après le crach boursier de 1929, comme la Pathé-Natan, traversant le Front Populaire avec les frères Prévert et Jean Renoir, pour arriver aux films de la Continentale, ce livre démontre que le côté "vieille France" dont on accuse le cinéma de 1940 -1944 était déjà présent dès les débuts, mais que, heureusement, il y a toujours eu une sorte d'anticipation de la part de certains cinéastes.

    Ainsi, La Règle du jeu de Renoir préfigure non seulement les bouleversements de la guerre, mais annonce aussi la "Nouvelle vague". Ainsi l'antisémitisme, déjà présent dans les films dès les années 20 parce que c'était une vision sociale et culturelle du juif à cette époque.

    Il tord également le cou aux idées reçues sur le cinéma durant l'Occupation : les films n'étaient pas forcément tous marqués par la politique de Vichy, et certains réalisateurs n'étaient pas à la botte de l'occupant. En fait, il y avait une volonté de continuer à travailler, en grande partie pour ne pas laisser le cinéma à la politique et pour permettre à des techniciens et acteurs "en délicatesse" de continuer leur boulot souvent sous pseudonyme.

    J'ai beaucoup appris en lisant ce livre, sur le cinéma français en général et sur ces périodes troubles en particulier ; moi qui m'étais fait des idées "toutes faites", j'ai réalisé que c'est durant la Seconde Guerre Mondiale que les futurs grands réalisateurs comme Henry-George Clouzot, Claude Autant-Lara ou Jacques Becker avaient fait leurs premières armes. J'ai également compris que la Continentale n'était pas forcément la "niche" des fachistes.

    J'ai déjà pris quelques notes à partir de ce livre. Je ne sais pas encore à quoi elles me servirons, mais elles me seront utiles pour des futurs posts consacrés au cinéma français.

     

    Le cinéma des français - 15 ans d'années trente (1929 -1944) par Jean-Pierre Jeancolas, éditions nouveau monde.

     

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  • Commentaires

    1
    DANIEL
    Samedi 27 Septembre 2014 à 17:21

    Je persiste a dire que nombres d acteurs français se sont produits pour la " Continental" '( crée par Gobbaels, ministre de la propagande nazi ) soit pour l argent , soit pour etre bien vu de l " ennemi" soit par idéologie nazi. Dans mon sens je te conseille le livre de René Chateau sur cette triste période ( 500 pages) , inattaquable car truffé de documents et photos de l époque..Sans parti pris Chateau explique que tous les acteurs vivants a la sortie du film et qui ont travaillé a cette époque ont refusé de s exprimer et que les archives de la " Continental" sont introuvables.. Souvenons nous de l acteur du film " Poil de carotte " dont le nom m échappe et qui fut torturé et abattu...pas de Continental dans sa filmographie..Alors oui de jeunes réalisateurs se sont révélés , oui de grands films ont vu le jour , des juifs ont participé a certains tournages...et alors...quand on assiste a des receptions de Gobbaels a Berlin ( Fernandel , Arletty..)  on a l esprit cocardier ??? Difficile de dire ce que nous aurions fait a cette époque mais pour certains les faits sont la et il ne faut surtout pas les édulcorer parce qu ils touchent de près des stars de cinéma et que dans ce pays ils sont hypra protégés..On parle plus de l immense carrière de Tino Rossi '( pas très net non plus ) que du fameux " Poil de carotte" oublié depuis des décennies...Arletty a eu le mérite d avoir été d une incroyable franchise lors de son procès et en ça elle a toute mon admiration...quant aux autres...he

    2
    Samedi 27 Septembre 2014 à 18:21

    Il y a quelques années, j'avais vu un documentaire très intéressant sur le cinéma français durant l'Occupation (c'est d'ailleurs à cette occasion que j'ai appris la "connivence" entre Fernandel et la Continental). Sur le moment, j'ai été du même avis que toi, Daniel...

    Il y a effectivementcette question qu'on se pose toujours : "qu'est-ce que j'aurai fait ?" Il y a ceux qui ont préféré partir tourner ailleurs (Gabin), ceux qui ont ouvertement collaborer, ceux qui ont été victimes aussi : je me souviens de l'histoire de Harry Baur, et aussi de cet acteur interné en camps de concentration et dont on enregistre la voix pour faire des raccords pour un film sur Jean Mermoz dont il était l'acteur principal !

    Dans le documentaire, il y avait des interview, en particulier celui d'une actrice : après avoir refusé plusieurs invitations à des soirées données par les allemands, elle voit arriver chez elle des hommes très polis qui lui parlent de son fils, alors en internat dans la région parisienne... elle avait comprit qu'elle ne pouvait plus refuser les invitations.

    Bien sur, il aurait été facile de prendre son fils et de fuir à l'étranger, mais le pouvait-elle vraiment ? Oui, cette période, épouvantable, est encore aujourd'hui difficile à aborder avec calme et raison.

    Et puis, j'aime bien la façon dont Arletty s'est défendue : oui, son cul était international, mais son coeur était français.

    Il est à noter que les périodes de guerre et de crises sont celles où  l'héroïsme de certains contrebalance les "saloperies" des autres.

    3
    DANIEL
    Samedi 27 Septembre 2014 à 18:50

    L acteur qui interprétait " Mermoz" a été interné dans un camp pour avoir eu une relation homo avec un officier ss, il est mort dans ce meme camp. Pour moi dans ce genre de conflit il y a trois possibilités : ceux qui collaborent , ceux qui survivent en attendant que ça passe et les résistants. Dans le milieu du cinéma il y a eu ces trois catégories tout comme dans toute la population ..Et comme dit la chanson : " tout n est pas noir ou blanc mais d un gris différent .."Pour l anecdote la " Continental " a été rachetée par ce qui allait devenir plus tard UGC..

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