• La vie américaine à l'écran.

    Un monde idéal ?

    La vie américaine à l'écran.Je ne sais pas pour vous, mais il m'arrive, lors du visionnage d'un film ou d'une série télévisée américaine, de m'amuser de certains "clichés".

    Voici quelques lieux-communs que l'on rencontre le plus souvent :

    Famille, je vous aimes :

    Le matin, les personnages sortent du lit frais et dispos, parfaitement coiffés, les dames sont maquillées et pimpantes. Tout le monde prend son petit-déjeuner en étant déjà habillé de pied en cap.

    Lorsqu'un personnage fait son jogging, il sue juste ce qu'il faut pour être présentable à l'écran.

    Les enfants des séries télé jouent avec leur chien, font du vélo, ou une partie de basket, de football ou de base-ball avec leurs copains ou leur père. Ils sont rarement avachis devant l'écran ou un jeu vidéo.

    Au fait, la famille américaine de l'écran a toujours un golden retriever.

    Généralement, la télévision de la famille diffuse des dessins-animés ou un western. Lorsque l'héroïne a le cafard, elle regarde un vieux mélo en compagnie d'un énorme pot de glace, et à Noël, tout le monde regarde un classique comme La Vie est belle en buvant un chocolat chaud ou un lait de poule.

    La sortie au restaurant peut se faire de trois manières : Version "familiale" dans un fast-food, version "couple" dans un restaurant chic, et version "american way of life" dans un "diner" semblant sortir des années 50, avec poulet frit, frites, et en dessert, un café et une part de tarte.

    Lorsque les personnages optent pour un repas livré à domicile, c'est toujours du chinois qu'ils dégustent avec les baguettes réglementaires ou bien une pizza.

    Toujours à propos de la nourriture, les volailles américaines sont au moins trois fois plus grosses que nos vulgaires poulets et dindes. Idem pour les fruits et les légumes.

    Les personnages boivent du café au petit déjeuner (normal) mais aussi... le soir (bon, on peut supposer qu'il s'agit d'un "déca"). Ils ingurgitent également des gobelets de café aux parfums souvent étonnants, comme "cappuccino lait de soja noisettes".

    Lorsque un personnage prend rendez-vous par téléphone, il n'écrit jamais rien : tout s'imprime dans son cerveau. Notons toutefois qu'il donne les indications à haute voix pour avertir le spectateur.

    On ne vois jamais personne fermer sa porte à clé.

     

    L'amour toujours :

    Il est une constante dans les films sentimentaux : lorsque les deux protagonistes s'engueulent au début de l'histoire, on peut être sûr à 100% qu'ils finiront ensembles.

    Même si l'acte sexuel a été particulièrement torride, après l'amour,  les draps sont parfaitement lisses et couvrent pudiquement le corps de madame et le bas-ventre de monsieur. les cheveux des deux protagonistes sont soigneusement coiffés, le maquillage de l'héroïne est resté intact et tout deux n'ont pas une seule goutte de sueur sur le visage ou le corps.

    À la télévision, les couples font l'amour en gardant leurs sous-vêtements...

    Un mariage et des enterrements :

    Le mariage américain a lieu en plein air, sous une tonnelle, dans un jardin décoré de colonnes doriques en toc et de fleurs. Il y a toujours une invitée qui pleure, une énorme statue de glace et une pièce montée au moins aussi énorme.

    Lors du décès d'un personnage, on se réunit dans sa maison. Les femmes discutent au salon et les hommes réunis par petits groupes dans le jardin évoquent le défunt en buvant une bière. Parfois, c'est à cette occasion qu'éclatent les secrets de familles ou les révélations.

    Dans une série policière, une fête est organisée dans le bar où le disparu avait ses habitudes. On lève son verre devant la photo du défunt en uniforme.

    À ce propos, si dans une série un personnage se retrouve à l'hôpital (ou en déplacement) et n'apparaît pas à l'écran, c'est que l'acteur qui l'interprète renégocie son contrat. Si son personnage meurt, c'est qu'il a été viré.

     

    Lorsque l'enfant paraît :

    La vie américaine à l'écran.Dans une série télévisée, la durée d'une grossesse diffère selon le genre : dans un soap, il faut une bonne centaine d'épisodes entre l'annonce par le médecin et... le moment où le père apprend la nouvelle. Par contre, dans les autres séries, c'est plus rapide : souvent en une saison (environs 26 épisodes), la grossesse et l'accouchement sont expédiés.

    L'accouchement est ultra rapide dans une série classique ou une sitcom : au début de l'épisode, c'est la perte des eaux. À la fin, l'heureuse maman présente son charmant bambin (qui est déjà très éveillé et souriant). Dans un soap, par contre, un accouchement peut s'étaler sur une centaine d'épisodes.

    Mais dans tout les cas, la jeune mère est à peine décoiffée, maquillée et en pleine forme, que ce soit avant, pendant, ou après l'accouchement.

    Petit fait amusant : quand l'actrice d'une série tombe enceinte et que l'événement n'est pas intégré à l'intrigue, les scénaristes, les caméramen et les accessoiristes rivalisent d'ingéniosité pour cacher l'événement : cadrage serré, objets imposants au premier plan (pour cacher le ventre rond)... Si vous voyez un personnage féminin souvent assis avec un coussin, un livre, ou tout autre objet sur les genoux, c'est que l'actrice attend un heureux événement !

     

    Les chères têtes blondes :

    Dans une série télé, un enfant grandit à vitesse grand V : de la naissance à ses cinq ans, il se passe généralement une saison.

    L'enfant de l'écran est  un petit monstre, qui cumule les sottises. Mais il n'est presque jamais puni. Lorsqu'il devient moins "mignon" en grandissant, les scénaristes se dépêchent de rajouter à l'intrigue un nouveau personnage : petit frère/petite soeur, cousin(e), voisin(e), orphelin(e) adopté par la famille.

    La palme du nombre "d'enfants adoptés" dans une série revient je crois à La Petite maison dans la prairie : j'en ai comptabilisé 8, répartis entre les Ingalls (qui en ont adoptés 3), les Edwards (3 également), les Oleson (1) et les Wilder (1).

    Il arrive aussi que des enfants "disparaissent" d'une série sans explication : ainsi, 'Chuck', le grand frère de 'Richie Cunningam' dans Happy Days est interprété par Gavan O'Herlihy  puis par Randolph Roberts, avant de ne plus donner signe de vie par la suite, tandis que dans Notre belle famille, 'Brandon Lambert' (Josh Byrne)  a tout bonnement disparu lors de la dernière saison.

    La vie américaine à l'écran.

     

     

    Détentes américaines :

    Le barbecue est une institution dans les films américains, que ce soit lors d'un anniversaire, du retour du front d'un père ou d'un frère soldat ou simplement entre voisins et amis.

    Autre institution américaine, les bars, que ce soit pour draguer, pour s'épancher auprès du barman ou pour fêter un événement, gai ou triste, avec force libations.

    À propos de boisson, je suis toujours étonnée de voir les américains déguster du vin dans des verres énormes.

    Le chasseur ou le pêcheur possède toujours une cabane perdue au fond des bois.

     

    Fast and furrious :

    Le héros a toujours une voiture énorme, même s'il n'est qu'agent du fisc, simple flic ou détective privé.

    Le break familial est toujours conduit par la mère de famille, jamais le père.

    Le gars de la campagne possède un "pick-up" avec le chien à l'arrière. Notons que le toutou est presque toujours un border collie.

    Lorsqu'un personnage gare sa voiture, il ne la ferme jamais à clé. Plus fort encore, lorsque le véhicule est décapotable, il laisse la capote baissée, et, bien entendu, saute sportivement par dessus la portière.

     

    Petits et gros bobos :

    Les menus dans les hôpitaux américains comportent toujours  du "Jelly" d'une couleur criarde. Notons que souvent, ce dessert est engloutis par un visiteur du malade.

    Dans les sitcoms, le personnage hospitalisé a toujours pour voisin de chambre un petit vieux ou une petite vieille qui lui donne de sages conseils.

    Toujours dans les sitcoms, l'infirmière a un physique ordinaire, elle est peu impressionnable et autoritaire. Dans les soap opéra ou les films d'action, elle a un physique de rêve.

    Petite aparté : dans Le Justicier de minuit, la fille du 'lieutenant Kesler' (Bronson), 'Laurie' (Lisa Eibacher) a les ongles longs et vernis, ce qui m'a toujours parut bizarre pour une infirmière.

     

    Voilà, je pense avoir terminé ce tour d'horizon de la vie quotidienne vue par le cinéma d'outre-Atlantique. Il est possible que j'ai oublié des faits, étonnants ou drôles, en ce cas, je vous invite à m'en faire part. Peut-être d'ailleurs me donnerez-vous des idées pour un prochain post sur un sujet similaire - j'ai déjà l'idée d'un "pinaillage" sur les séries policières !

     

     

     

     

     

     

    « Richard Crenna (1926-2003)Quand ça veux pas... »

  • Commentaires

    1
    Mardi 6 Décembre 2016 à 07:55

    Bravo pour toutes ces observations drôles et justifiées! J'ajoute un truc prégnant dans les films policiers américains, les cimetières où l'on enterre les représentants de l'ordre avec toujours les mêmes clichés: pelouse, uniformes, cornemuses, officiers supérieurs, femme éplorée, collègues en colère qui savent LA vérité. De même pour les films de Mafia, dans un autre registre. Obstinément présents aussi les cimetières militaires avec l'apparat adéquat. On a vu tellement de thriller et de films de guerre qu'on connait Arlington sans jamais y avoir mis les pieds!

      • Mardi 6 Décembre 2016 à 20:48

        Je ne manquerai pas d'évoquer ces enterrements traditionnels dans mon post consacré aux séries policières. Autre tradition, le "pliage" du drapeau qui m'épate toujours (il faudrait que je cherche pourquoi d'ailleurs).

    2
    Daniel
    Mardi 6 Décembre 2016 à 18:06

    Excellent post...alors là, chapeau bien bas ! On sent que ton moral est revenu ! Ces dernières années dans les tvfilms américains tous les castings sont composés de bimbos ou de mannequins hommes et meme les chiens ressemblent a des gravures de mode ; j ai remarqué cela en zappant sur plusieurs chaines et quand on tombe sur un documentaire sur les States et qu on voit les les habitants....c est le choc!  Il est plus pitoyable que beau le reve américain .

      • Mardi 6 Décembre 2016 à 20:53

        C'est vrai, il y a une sacrée différence entre l'image de l'américain moyen à l'écran et la réalité. Mais je pense que nos séries et nos films français ont ce même "décalage", ou presque.

    3
    Daniel
    Mardi 6 Décembre 2016 à 21:15

    Dans la grande majorité des cas , le physique des acteurs télés français ( surtout séries) on peut les rencontrer quasiment a chaque coin de rue  ou au supermarché  , seul leur médiatisation fait penser qu ils sont différents alors que dans un hôpital (  je n ai toujours pas croisé l infirmière des " soaps" dont tu parles, idem pour les filles , il y en a des biens plus jolies dans nos rues que celles que l ont peut voir sur un écran ( la "magnifique"  Charlotte Gainsbourg, par exemple ou la "pétulante" Marina Fois ). Par contre malgré des recherches incessentes qui me prennent le trois quart de mon temps ..pas l ombre de l ombre d une Raquel..smile

    4
    Burt
    Samedi 10 Décembre 2016 à 14:55

    Bravo Val, ton post est très bien vu et  il m'a bien fait  rire !yes

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :