• Joker (2019)

    Anarchie !!

    Mon avis : mitigée. ouch

    Joker (2019)Dans les années 80, Gotham City est une ville sale, livrée à la violence et abandonnée par les autorités. Arthur Fleck (Joaquim Phoenix) ambitionne de faire du "stand-up comedy". En attendant, il vivote en jouant les clowns pour une société spécialisée dans l'événementiel.

    Un jour, alors qu'il fait de la pub pour un magasin, il est agressé par des voyous. Les coups qu'il a reçu aggravent son état psychique déjà problématique. Tout en s'occupant de sa mère Penny (Frances Conroy), il peaufine son one-man-show et suit assidument l'émission de Murray Franklin (Robert De Niro), ancien humoriste devenu vedette de télévision.

    Un des collègues d'Arthur, Randall (Glenn Fleshler) lui remet un pistolet mais un jour, l'arme tombe lors d'un spectacle qu'il donne dans un hôpital. Arthur est renvoyé de son boulot et, le soir même, il est de nouveau agressé, cette fois par trois "yuppies" avinés. Il va riposter, abattant les trois hommes. Son action va faire basculer son destin et celui de la ville...

    Joker de Todd Philipps n'est pas seulement un "préquel" de la geste de Batman, ou plutôt de son antagoniste le plus célèbre. C'est aussi un film plein de niveaux de lectures qui, en ces temps troublés, peut être vu comme une mise en garde ou une vision anarchisante du futur des sociétés d'aujourd'hui.

    Des références à des œuvres cinématographiques des années 70/80 sont aussi présentes : la deuxième agression d'Arthur se fait dans un wagon de métro, comme dans Un justicier dans la ville, les trois voyous étant remplacés par des employés des entreprises Wayne en goguette. La personnalité psychotique du futur Joker, ses gestes mimant un suicide rappellent à plusieurs reprises un certain chauffeur de taxi joué par... Robert De Niro ! Ce dernier semble d'ailleurs reprendre son rôle de La Valse des pantins.

    Dans ce film, Thomas Wayne (Brett Cullen), y est un arrogant chef d'entreprise, candidat à la mairie, qui jure de "purger" la ville des "clowns" (comprenez les laisser-pour-compte du libéralisme) après le meurtre du métro. Au milieu du film, une "révélation" le concernant va donner l'impression d'un drame familial mais, sans spolier, je dirais que ce n'est qu'une péripétie de plus dans la descente aux enfers du futur Joker.

    Un mot de la jeune voisine d'Arthur, jouée par Zazie Beetz. Son personnage semble avoir une place dans l'histoire, on voit notre héros se rapprocher d'elle, mais... la fin donne une autre vision des choses, d'ailleurs, j'ignore si c'est pour ajouter au mystère du personnage, mais elle disparait après une scène dramatique.

    Ai-je aimé Joker ? Difficile à dire. Ce film est prenant, la fausse piste évoquée plus haut me faisait présager quelque chose de "freudien" pour le final, mais dans un sens, c'est bien en "tuant le père" qu'Arthur achève sa mue et devient le psychopathe que l'on connait.

    Je crois vraiment qu'il me faudra plusieurs visionnages pour me faire une idée sur ce film.

     

    « Osamu, Stanley, et l'enfant-robot.Bon Anniversaire, Kinskiklaus ! »

  • Commentaires

    1
    Kinskiklaus
    Dimanche 9 Mai à 12:48

    Un film qui se laisse regarder mais dont personnellement, j'ai quasi tout oublié un an après. Mais je me souviens surtout de cette espèce de morale puante qui s'en dégageait et de son personnage complètement taré érigé en héros cool. J'avoue aussi ne pas avoir été totalement subjugué par la "performance" de Joaquin Phoenix qui en fait tellement des tonnes qu'il me fait sortir du film, comme si je voyais tout le travail accompli en amont.

      • Dimanche 9 Mai à 14:58

        Je pense que ce film contient plusieurs niveaux de lecture : on peut y voir une glorification de l'anarchie, ou au contraire une mise en garde contre cette même anarchie.

        J'y ai vu aussi un parallèle entre le destin de Gotham et celui du Joker : Au début du film, alors qu'une grève des éboueurs rend la ville insalubre, on apprend que l'unité de soins que fréquente 'Fleck' va être fermée faute de budget. C'est le début d'une déliquescence à la fois pour la ville et pour le personnage, une sorte de "descente aux enfers" commune qui finit par une révolte dans laquelle le 'Joker" et "Batman" vont naitre.

        C'est pour cela qu'il m'est difficile de dire si j'aime ou si je déteste ce film : il m'a mise mal à l'aise par son propos tout en me fascinant par son processus de fabrication du méchant.

    2
    Burt
    Dimanche 23 Mai à 18:10

    On peut s'interroger sur le succès planétaire de ce film...

      • Dimanche 23 Mai à 18:33

        Il est dans l'air du temps : la folie, l'anarchie, la violence, les mouvements sociaux...

    3
    Burt
    Dimanche 23 Mai à 18:55
    Ça peut être inquiétant, mais selon certaines personnes bien informées et haut placées,il n'y a pas plus de violence qu'auparavant,me voilà rassuré.
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