• Je n'ai pas tué Lincoln (1936)

    Victime de la cause nordiste.

    Je n'ai pas tué Lincoln (1936)Parce qu'il a soigné John Wilkes Booth lors de sa fuite, le docteur Samuel Mudd (Warner Baxter) est jugé par une court martiale pour complicité de meurtre.

    Il réchappe de peu à la pendaison, mais se retrouve condamné à vie au Fort Jefferson, situé sur l'île de Dry Tortugas en Floride. Malmené par le sergent Rankin (John Carradine), un nordiste revanchard, il tente de s'évader grâce à son épouse, son beau-père et un ancien esclave.

    Le plan échoue, et Mudd est jeté dans un cul-de-basse-fosse. Mais une épidémie de fièvre jaune décime les prisonniers et la garnison, touchant même le médecin du fort. Le commandant (Harry Carey) est contraint de demander à notre malheureux héros de soigner les malades, tandis qu'une tempête tropicale s'abat sur le fort.

    Je n'ai pas tué Lincoln est un film de John Ford qui s'ancre dans l'Histoire des États-Unis. Basé sur l'histoire vraie de ce médecin condamné pour avoir aidé l'assassin d'Abraham Lincoln, il donne à réfléchir sur l'arbitraire de la justice en cas de crise politique : ainsi, on assiste à cette hallucinante réunion préludant le procès où il est demandé aux juges de "faire des exemples" sans tenir compte des témoignages sur l'innocence des prévenus.

    Ford, irlandais d'origine, aimait profondément son pays d'adoption tout en se permettant des critiques qui affleures dans cette œuvre en particulier : ainsi ce "carpet bagger" nordiste venant haranguer les anciens esclaves Noirs mais refusant que l'un d'eux l'approche ! Le docteur Mudd n'est pas non plus exempt de défauts : quelques minutes après avoir dit à sa femme qu'il n'est qu'un médecin de campagne qui apprécie de vivre chichement, il accepte un gros billet en échange des soins qu'il a prodigué à Booth.

    Certains pourraient tiquer sur le comportement de l'ancien esclave "Buck" Milford (Ernest Whitman), attaché à son ancien maître au point de le suivre au bagne en laissant sa femme et sa -nombreuse - progéniture. Ce personnage, je l'avoue, me met mal à l'aise, mais échappe à la caricature de "L'oncle Sam" obséquieux par l'épaisseur que lui donne Ford.

    La fin du film est à mes yeux un peu trop énorme : sur l'ile ravagée par le typhon, le courageux médecin se démène pour sauver ses compagnons d'infortunes de la maladie tandis qu'au large, le bateau de ravitaillement refuse d'accoster. Bien entendu, tout cela se résoudra par une amnistie pour le docteur Mudd et son esclave.

    Je n'ai pas tué Lincoln est un film intéressant par son thème, on retrouve la "patte" de Ford dans certaines scènes comme la tentative de fuite du héros, ou la mort du médecin du fort, devant le regard des prisonniers et des Noirs eux-mêmes atteints de la fièvre. L'ensemble est toutefois un peu moins réussit que les autres films du réalisateur.

    Je n'ai pas tué Lincoln (1936)

     

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