• Federico Fellini (1920-1993)

    Néo-réalisme, onirisme et souvenirs d'enfance.

    Federico Fellini (1920-1993)Né le 20 janvier 1920 à Rimini dans la petite bourgeoisie provinciale italienne, Federico Fellini se consacre d'abord au journalisme, et fait ses débuts à Florence puis à Rome, au sein du journal satirique 'Marc Aurelio' en 1939. Il y rencontre de futurs réalisateurs et scénaristes comme Ettore Scola ou Steno. En 1942, il fait la connaissance de la jeune comédienne Giulietta Masina qu'il épouse le 30 octobre 1943.

    Il devient d'abord scénariste avant d'être assistant-réalisateur de Roberto Rosselini ou Alberto Latuarda avec qui il co-réalise Les Feux du music-hall (1950). Sa première bobine en solo, Le Cheik Blanc (1952), conte l'histoire d'un couple de jeunes mariés et leurs aspirations.

    Son film suivant, Les Vitelloni (1953) suit les déboires d'une bande de copains trentenaires vivant aux crochets de leurs familles dans un petit village de la région de Romagne.

    Les deux premiers films de Fellini sont à rattacher à un courant cinématographique apparut à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, le "Néo-réalisme", montrant les "petites gens" dans leur quotidien, mais Fellini y ajoute un regard plein d'humour et de fantaisie.

    Son troisième film, La Strada (1954), poursuit dans cette même veine : son épouse Giulietta Masina y interprète 'Gelsomina', jeune femme simplette tombée sous la coupe du brutal 'Zampano' (Anthony Quinn). À la fois poétique, étrange et dérangeante, cette oeuvre obtiendra l'Oscar du meilleur film étranger et le Lion d'argent de la Biennale de Venise.

    Fellini poursuit son parcours, filmant ensuite les mésaventures de trois escrocs - Broderick Crawford, Richard Basehart et Franco Fabrizi - dans Il Bidone (1955), avant de mettre de nouveau sa femme en vedette dans Les Nuits de Cabiria (1957).

    Federico Fellini (1920-1993)Le basculement se fait avec La Dolce Vita (1960). Abandonnant les "petites gens", Fellini s'attaque avec une ironie mordante au milieu de la presse qu'il connait si bien, avec le personnage de 'Marcello' (Marcello Mastroiani), photographe opportuniste et séducteur, passant de femme en femme et de cliché volé en scandale. Pour la petite histoire, c'est de ce film qu'est né le terme "Paparazzi", en référence à un personnage nommé... 'Paparazzo'.

    Marcello Mastroiani deviendra par ailleurs un "double" du réalisateur qui l'emploiera à plusieurs reprises dans ses films, comme Huit et demi (1963) où l'acteur interprète un cinéaste dépressif qui se plonge dans ses souvenirs tandis que son entourage attend qu'il daigne reprendre un tournage.

    Le réalisateur se joint ensuite à Mario Monicelli, Vittorio de Sica et Luchino Visconti pour le film à sketchs Boccace 70 (1962) avec la section "Les Tentations du docteur Antonio" dans laquelle un tartuffe moderne (Peppino de Filippo) se retrouve à désirer l'image d'une femme plantureuse (Anita Ekberg) d'une enseigne publicitaire.

    Le film suivant de Fellini, Juliette des esprits (1965), met une fois de plus en vedette Giulietta Masina dans le rôle d'une épouse bourgeoise trompée et délaissée par son mari (Mario Pizu) qui va se réfugier dans un monde onirique.

    En 1969 sort Satyricon, un film au propos complétement fou, d'après un texte de l'auteur romain Pétrone. Fellini livre ensuite deux oeuvres qui plongent dans ses souvenirs d'enfance et de jeunesse : d'abord le téléfilm Les Clowns (1970) puis Amarcord (1973), titre qui signifie "Je me souviens" dans le dialecte de la région de Rimini.

    Il renoue ensuite avec le baroque : Le Casanova de Fellini (1976), dans lequel Donald Sutherland prête ses traits au célèbre séducteur italien.

    Federico Fellini (1920-1993)Federico Fellini (1920-1993)Fellini aime les femmes. Les années 70/80 sont celles du féminisme, et bien entendu il va mettre en scène ses questionnements sur le sujet : ce sera La Cité des femmes (1980) avec Marcello Mastroiani, perdu dans une maison où se déroule un colloque féministe !

    Le film suivant du maestro s'appelle Et vogue le navire ! (1983) qui, prenant prétexte à une croisière destinée à rendre un ultime hommage à une célèbre cantatrice défunte, parle de la guerre.

    Il enchaine avec Ginger et Fred (1986) dans lequel ses deux acteurs fétiches (G. Masina et M. Mastroiani) jouent un duo de danseurs de claquettes qui tentent de renouer avec leur gloire passée lors d'une émission de télévision. Cette fois, c'est le milieu du petit écran que le réalisateur égratigne tout en rendant hommage aux comédies musicales américaines.

    Autre hommage au cinéma, Intervista (1987) avec les retrouvailles de Marcello Mastroiani et Anita Ekberg, trente ans après La Dolce Vita. L'ultime film de Fellini, La Voce dela Luna (1990), renoue quant à lui avec l'onirisme et la fantaisie en contant les pérégrinations d'un vagabond (Roberto Benigni) persuadé qu'il peut parler à la Lune.

    Federico Fellini décède le 31 octobre 1993 à Rome à l'âge de 73 ans. Son épouse Giulietta Masina meurt à son tour l'année suivante.

     

     

    Federico Fellini (1920-1993)

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