• Death Wish : de la polémique au culte (5)

    La chute du mythe.

    Death Wish : de la polémique au culte (5)Avant de quitter la "Cannon", Menahem Golan a pris soin de récupérer les droits de quelques films dont la série du Justicier. Il va donc préparer un cinquième opus sous l'égide de sa nouvelle société, la "21st Century Film Corporation".

    Pour le scénario, il fait appel à Michael Colleary, futur auteur de Volte/face et du premier volet de Tomb Rider, qui imagine un 'Paul Kersey' devenu professeur d'architecture faisant face à l'ex-mari de sa nouvelle dulcinée, chef violent et vindicatif d'une bande de malfrats, qui désire récupérer la garde de sa fille.

    Golan aimerait bien réaliser ce film, mais, en pleine production d'une adaptation de Crime et châtiment, il va engager Steve Carver, qui avait tourné quelques films pour la "Cannon".

    Carver est également un ami de Charles Bronson depuis les années 70, et a réalisé des films avec Chuck Norris, notamment Oeil pour oeil. Lors d'un repas d'affaire réunissant Carver, Bronson et Golan pour parler du film, l'acteur explique qu'il voudrait un 'Paul Kersey' plus humain et sympathique, doté d'humour. Il souhaiterais également limiter les scènes d'action.

    Carver prend note des idées de Bronson et soumet le scénario à  Stephen Peters qui va changer deux ou trois éléments du texte de Colleary.

    Il est d'abord envisagé de tourner le film à Wilmington (Caroline du Nord), dans des studios ayant appartenu à Dino De Laurentiis. Mais après deux mois de pré-production, Golan décide de délocaliser le tournage à Toronto (Canada) pour des raisons budgétaires.

    C'est à ce moment que Carver quitte le navire, remplacé par Allan Goldstein, connu surtout pour son film The Outside Chance of Maximilian Glick (l'histoire d'un jeune juif à l'approche de sa Bar Mitzvah) qui obtint des prix lors de divers festivals.

    Goldstein n'avait jamais vu un seul film de la saga du Justicier et fut surpris d'avoir été choisi car il n'avait jamais fait de film d'action jusque là. Il visionna l'ensemble de la franchise et, comme de bien entendu, il apprécia le premier. Il tique aussi sur le scénario de ce cinquième opus qu'il devait réaliser, et, avec l'aval de Menahem Golan il se pencha dessus avec Charles Bronson qui eut les idées les plus originales, comme les pâtisseries empoisonnées ou le ballon de foot explosif.

    Death Wish : de la polémique au culte (5)C'est Charles Bronson qui propose également Lesley-Ann Down pour le rôle de la nouvelle petite amie de 'Paul Kersey'. L'actrice anglaise avait été sa voisine à Los Angeles dans les années 80. Plus tard, elle retrouvera l'acteur pour un épisode de la série Family of Cops.

    Le "méchant" de l'histoire est joué par Michael Parks qui s'entendit très bien avec Bronson sur le tournage. Par une curieuse coïncidence, Parks fut, en 1969,  la vedette d'une une éphémère série TV (inédite chez nous) intitulée Then came Bronson. Dans les années 2000, Parks devint un acteur fétiche de Quantin Tarantino et de Robert Rodriguez, avant de nous quitter le 10 mai 2017.

    Notons également la prestation de Robert Joy qui joue 'Freddie Flakes', un tueur travesti obnubilé par les pellicules qui lui tombent sur les épaules ! On remarque aussi Miguel Sandoval en avocat ripoux.

    Le film sort le 14 janvier 1994 aux États-Unis, dans 248 salles seulement pour tout le pays. Bien entendu, les recettes vont être catastrophiques et Death Wish 5 : The Face of Death (titre original) finira très vite dans les vidéoclubs et à la télévision.

    Il arrivera chez nous en 2001 directement en vidéo, sous le titre Le Justicier : l'ultime combat.

    Ce film représente une belle dégringolade de la franchise ! Le personnage de 'Paul Kersey' devient un "MacGyver" de la vengeance, inventant des méthodes originales pour tuer ses antagonistes, comme l'emploi d'une machine à emballer sous plastique. Dans mon souvenir, seuls surnagent deux scènes :  l'agression très violente de L.A. Dawn, dont le personnage est défiguré avant de finir tué par les sbires de son ex-mari, et la silhouette de Bronson s'éloignant à la toute fin du film.

    La société "21st Century", déjà bien amochée par les échecs successifs de ses autres productions, va définitivement couler. Le projet d'une suite intitulée Death Wish 6 : The New Vigilante restera donc dans les cartons.

    De son côté, Charles Bronson abandonne le cinéma, se consacrant désormais à la télévision, avec des téléfilms policiers comme Donato and Dauther et la série  Family of Cops. Mais, atteint par la maladie d'Alzheimer, il finira par se retirer des plateaux avant de décéder le 30 août 2003. Jack Lee Thompson, metteur en scène du quatrième opus de la saga, avait tiré sa révérence un an exactement avant lui, le 30 août 2002.

    Michael Winner, réalisateur des trois premiers films, nous quitte le 21 janvier 2013, tandis que Menahem Golan disparait le 8 août 2014. Brian Garfield, auteur du livre et donc "père" du personnage de 'Paul Kersey', meurt le 3 janvier 2019.

    De la saga Death Wish, que peut-on retenir ? Le premier, bien entendu, le plus réussit : la psychologie du héros, l'ambiance anxiogène d'un New York grouillant de voyous et l'ultime image qui marquera les spectateurs américains, faisant de Charles Bronson une "icône" du cinéma d'action dans son pays.

    Le deuxième est un remake racoleur, le troisième est - presque - une parodie cartoonesque, le quatrième est plutôt basique dans l'ensemble quant au dernier, c'est les plus faible de tous, même si l'ultime image peut-être vue comme un adieu du personnage - et de l'acteur - à son public.

    Death Wish : de la polémique au culte (5)

     Notes :

    Pour écrire cette série d'articles, j'ai revu la quasi-totalité de la saga, à l'exception de cet ultime film dont je ne possède pas le DVD. C'est donc uniquement ma mémoire qui fut sollicitée, avec la réserve nécessaire - je n'ai jamais aimé ce cinquième volet du Justicier.

    D'autre part, pour écrire l'ensemble de ces posts, je me suis basée sur le livre de Paul Talbot "Bronson's Loose ! - The Making of the Death Wish Films", mais aussi sur Le texte contenu dans le coffret DVD/Blu-Ray du film Le Justicier dans la ville, édité récemment chez Sidonis, et sur différents sites Internet (Wikipédia, Indb, etc.), sans oublier bien sûr l'indispensable blog de Fred !

    « Adieu, Anna Karina.Twinky (1970) »

  • Commentaires

    1
    Lundi 23 Décembre 2019 à 08:57

    si le premier fut crédible et fort agréable, les suites sont dans la surenchères et dans l'incrédibilité .....un peu comme la saga RAMBO  quoi !!! en tout les cas bon articles merci

      • Lundi 23 Décembre 2019 à 13:45

        C'est le problème avec les suites, surtout quand le thème est basique. De plus, le premier Justicier comme le premier Rambo n'avaient rien à voir avec les films suivants : c'étaient des œuvres qui posaient des questions sur la société et la justice.

        Contente que mes articles plaisent.  Merci à mes lecteurs.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :