• Costa-Gavras

    Un homme de convictions.

    Costa-GavrasNé le 12 février 1933 à Loutras-Iraias en Arcadie (Grèce), Konstantinos Gavrás doit quitter Athène à 19 ans, son père étant anti-royaliste. Contraint de poursuivre ses études à l'étranger, il s'inscrit à la Sorbonne à Paris et travaille pour assurer sa subsistance.

    Il fréquente également la Cinémathèque française où il découvre notamment par le biais du film Les Rapaces d'Erich Von Stroheim que le cinéma "peut montrer des choses sérieuses". Il s'inscrit ensuite à l'IDHEC (Institut des hautes études cinématographiques) puis travaille comme assistant pour Henri Verneuil (Un singe en hiver), Jean Giono (Crésus), René Clément (Le Jour et l'heure, Les Félins). C'est lors du tournage du film Le Jour et l'heure qu'il fait connaissance du couple Yves Montand-Simone Signoret qui deviendront ses amis.

    Devenu Constantin Costa-Gavras, il écrit le scénario de Compartiment tueurs d'après le roman de Sébastien Japrisot et parvient à convaincre le producteur Julien Dérode pour le financement de ce qui sera son premier film et son premier succès en France mais également aux États-Unis en 1965.

    Après un deuxième film, L'Homme de trop (67), il découvre lors d'un séjour en Grèce le livre "Z" de Vassili Vassilikos sur l'assassinat d'un activiste de gauche. Dès son retour, il en tire un scénario avec la collaboration de Jorge Semprún. Peinant à trouver un financement pour ce film à caractère politique, il en parle à son ami Jacques Perrin, qui va créer pour l'occasion une maison de production pour lui permettre de mener à bien son projet.

    Yves Montand accepte immédiatement de jouer le député assassiné au début du film, tandis que Jean-Louis Trintignant va jouer le procureur pour un faible cachet. Z devient un grand succès à travers le monde et obtient le Prix du jury au Festival de Cannes ainsi que l'Oscar du meilleur film étranger et du meilleur montage.

    Costa-GavrasPlus tard, le réalisateur entend parler par Claude Lanzmann d'Artur London, ancien vice-ministre des affaires étrangères de Tchécoslovaquie qui fut l'une des victimes des "Procès de Prague" en 1952. Le drame vécu par cet homme va inspirer Costa-Gavras  pour L'Aveu (scénarisé par Jorge Semprún), réquisitoire contre toute forme de totalitarisme. Encore une fois, Montand adhère au projet, et le succès de Z permet de débloquer les fonds pour le film.

    Sorti en 1970, L'Aveu va aussi être un grand succès en France mais cristaliser la colère des admirateurs du communisme stalinien, refusant de voir la face cachée de ce parti.

    Costa-Gavras continue son cinéma engagé avec État de siège (1972), inspiré cette fois par l'enlèvement en Uruguay de Dan Mitrione, agent du FBI et spécialiste de la torture, par les rebelles d'extrême-gauche Tupamaros, avant de s'attaquer au Régime de Vichy avec Section spéciale (75), film racontant la création par le gouvernement de Pétain d'une cour de justice dédiée au jugement des Resistants.

    Il va ensuite délaisser la politique le temps de réaliser Clair de femme (1979), adaptation du roman éponyme de Romain Gary, avec Yves Montand et Romy Schneider.

    Costa-GavrasEnsuite ce sera Missing (1982), une autre oeuvre politique inspirée de faits réels : la disparition, lors de la prise de pouvoir par Augusto Pinochet au Chili en 1973, d'un journaliste américain. L'histoire se concentre sur le personnage d'Ed Horman (Jack Lemmon) parti à la recherche de son fils Charles dans un Chili soumis à la junte. Le film obtiendra la Palme d'or et le prix d'interprétation masculine pour Lemmon à Cannes ainsi que l'Oscar du meilleur scénario. À noter que malgré son sujet polémique (il dénonce l'ingérence américaine lors de la prise de pouvoir du dictateur), il est souvent présenté dans les grandes universités d'outre-Atlantique comme un "film majeur".

    Toujours en 1982, Costa-Gavras devient présient de la Cinémathèque française, et le restera jusqu'en 1987. Le 13 juin 2007, il en est de nouveau nommé président et son mandat s'achèvera au mois d'août 2016.

    Après Hanna K (1983) où Jill Clayburg interprète une avocate juive défendant un palestinien à Jérusalem, Costa-Gavras s'essaie à la comédie policière avec Conseil de famille (1986) où une famille de perceurs de coffres - dont les parents sont Fanny Ardant et Johnny Hallyday ! - apprend les ficelles du métier au petit dernier.

    Le réalisateur revient aux films coup-de-poing avec La Main droite du diable, où une jeune inspectrice du F.B.I. (Debra Winger) est infiltrée auprès d'une communauté paysanne du Texas soupçonnée d'appartenir à un groupe suprémaciste.

    Il évoque ensuite le passé nazi de certains exilés aux États-Unis avec Music Box (89), puis participe au tournage du film À propos de Nice, la suite, documentaire-hommage au cinéaste Jean Vigo.

    Il dirige ensuite John Travolta et Dustin Hoffman dans Mad City (97), charge virulente contre les pouvoirs des médias.

    Costa-GavrasLes années 2000 ne vont nullement voir s'assagir Costa-Gavras : adaptant la pièce Le Vicaire de Rolf Hocchuth, il réalise Amen (2002), où un jeune prêtre et un industriel (fournissant les camps nazis en "zyklon b") tentent en vain de pousser le Vatican à dénoncer la "solution finale" d'Hitler lors de la Seconde Guerre Mondiale.

    Il s'attaque ensuite à l'univers frelaté et compétitif du travail avec Le Couperet (2005) où un cadre au chômage (José Garcia) assassine les autres demandeurs d'emploi de sa branche afin d'obtenir le poste.

    Après Eden à l'Ouest (2009), "road-movie" d'un jeune immigré traversant l'Europe à la recherche d'une vie meilleure, il s'en prend à la banque avec Le Capital (2012), adaptation du roman éponyme de Stéphane Ormont, avec Gad Elmaleh et Bernard Le Coq.

    Costa-Gavras est un grand réalisateur reconnu par ses pairs, comme en témoignent sa participation en tant que président au festival du film de Berlin en 2008 et sa présidence du jury du 40ème Festival du film américain de Deauville en 2014.

    Sa progéniture suit ses traces : son fils Romain est co-fondateur d'une société de production, Koutrajmé, tandis que Alexandre et Julie sont tout les deux réalisateurs.

    Hors cinéma, le réalisateur est également un homme engagé : il est membre du Comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence et du comité de soutien du Centre Primo Levi qui offre des soins et du soutien aux personnes victimes de la torture et de la violence politique.

     

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