• Charles Bickford (1891-1967)

    Comédien impossible ?

    Charles Bickford (1891-1967)Charles Ambrose Bickford nait le 1er janvier 1891 à Cambridge dans le Massachusetts. Enfant intelligent mais rebelle et indépendant, il est souvent considéré comme un "mouton noir" par sa famille. Seul son grand père maternel, ancien capitaine de bateau, aura une grande influence sur lui.

    Bagarreur et vindicatif, il a une jeunesse assez tumultueuse : ainsi, à neuf ans, il est jugé (mais acquitté) pour avoir tenté de tuer un conducteur de tramway qui avait écrasé son chien.

    Une fois entré dans la vie active, le futur acteur sera successivement bucheron, agent immobilier, dératiseur, avant d'être appelé sous les drapeaux et de participer à la Première Guerre Mondiale dans la Navy.

    Alors qu'il attend d'être inscrit au Massachusetts Institute of Technologie, Charles Bickford se lie d'amitié avec le directeur d'un cabaret, qui parvient à le convaincre de tenir un rôle dans un de ses spectacles. L'expérience lui plait, et il décide alors d'abandonner ses projets d'études d'ingénierie pour se consacrer au spectacle.

    Il fait ses débuts à Oakland en Californie, puis se rode dans la troupe du théâtre Castle Square de Boston en 1912 avant de se produire en tournée au travers des États-Unis dans une troupe itinérante durant une dizaine d'années.

    En 1925, il partage avec James Cagney la vedette de la pièce Outside Looking In à Broadway, et se voit offrir un rôle dans le film Beau Geste d'Herbert Brenon, mais, craignant de perdre son nouveau statut de vedette du théâtre, il décline la proposition, un refus qu'il avouera avoir ensuite regretté.

    Mais une deuxième chance lui est proposée de faire du cinéma : après l'avoir vu dans la pièce Gods of the Lightning de Maxwell Anderson et Harold Hickerson, un chasseur de talents de la M.G.M le contacte : Cecil B. DeMille lui offre un contrat pour devenir la vedette du premier film parlant de la firme, Dynamite.

    Après ce premier film, Charles Bickford obtient de très bonnes critiques et enchaine avec Anna Christie (1930) aux côtés de Greta Garbo. Mais son caractère entier va le desservir : l'acteur est en effet prompt à s'en prendre physiquement à des interlocuteurs lors de disputes. Il a ainsi boxé Cecil B. DeMille sur le plateau de Dynamite, et n'hésite pas à montrer ouvertement son dédain devant certains scripts qu'on lui soumet.

    Il n'est alors pas étonnant que la M.G.M. abrège son contrat. Il est un temps récupéré par la Fox, pour qui il tourne quelques films, avant d'être attaqué par un lion sur le tournage de East of Java en 1935. Les blessures occasionnées ainsi que son âge relativement avancé lui font perdre son aura de "jeune premier" et la Fox se sépare également de lui.

    Charles Bickford (1891-1967)

    Il entame alors une "deuxième carrière" en interprétant des "vilains", des patriarches, ou des hommes de loi avec des films comme La Jolie fermière (1935) de Victor Fleming, The Plainsman (1936) de De Mille, Des Souris de des hommes (1939) de Lewis Millestone ou Les Aventures de Tarzan à New York (1942) de Richard Thorpe.

    Charles Bickford joue un abbé dans Le Chant de Bernadette (1943), évocation de la vie de Bernadette Soubirou réalisé par Henry King. Il côtoie ensuite Dana Andrew et Linda Darnell dans Crime passionnel (1945) d'Otto Preminger, tourne pour Jean Renoir (La Femme sur la plage), Jules Dassin (Les Démons de la liberté), Jean Negulesco (Johnny Belinda), George Cukor (Une étoile est née).

    Côté western, il est le mari de Jennifer Jones dans Duel au soleil (1946) de King Vidor, fait face à Broderick Crawford dans La Dernière chevauchée (1953) d'Alfred Werker, il est rancher vindicatif dans Les Grands espaces (1958) de William Wyler, interprète le voisin de Burt Lancaster dans Le Vent de la plaine (1960).

    L'un des rôles les plus mémorables de la fin de la carrière de Charles Bickford au grand écran est celui du père de Lee Remick dans Le Jour du vin et des roses (1962) de Blake Edwards.

    L'acteur est également prolifique sur le petit écran : il présente les épisodes de la deuxième saison de The Man Behind the Badge (1954), il joue ensuite dans Wagon Train, apparait en "guest" dans The Islanders, The Barbara Stanwyck Show, The Eleventh Hour...

    Mais son rôle le plus connu à la télévision - du moins chez nous - est celui du propriétaire du ranch "Shiloh" dans la série Le Virginien.

    Charles Bickford publie en 1965 son autobiographie, "Bulls Balls Bicycles & Actors" (non traduit en français). Il décède à Los Angeles le 9 novembre 1967 d'une pneumonie doublée d'une infection du sang à l'âge de 76 ans.

    Charles Bickford (1891-1967)

     

     

     

     

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