• Bass Reeves

    Inspira-t-il "Lone Ranger" ?

    Bass ReevesBass Reeves nait en juillet 1838 à Crawford County dans l'Arkansas,  dans une famille d'esclaves appartenant au juge fédéral William Steele Reeves. Lorsque celui-ci déménage à Grayson County au Texas, Bass à 8 ans. Il appartiendra ensuite au fils de Reeves, le colonel George R. Reeves, sherif et législateur du Texas.

    Lorsque la Guerre de sécession éclate, George Reeves rejoint les rangs confédérés. Dans des conditions troubles, Bass parvient à fuir son maître après l'avoir sérieusement blessé dans une bagarre, et trouve refuge dans les Territoires Indiens, parmi les tribus Cherokee, Creek et Seminole dont il apprend les langues et les coutumes.

    Lors de la signature du Treizième Amendement en 1865 qui abolit l'esclavage, Bass Reeves revient sur la Frontière où il s'établit comme fermier en Arkansas.

    En 1875, le nouveau juge fédéral pour les Territoires Indiens, Isaac Parker, charge le marshall James F. Fagan de recruter quelques deux cents hommes pour l'aider à maintenir la paix dans la région. Fagan, qui sait que Bass connait les Territoires Indiens, lui propose le poste de "deputy marshall" pour la région ouest de l'Arkansas.

    En acceptant, Bass Reeves devient le premier noir à porter le badge à l'ouest du Mississippi. Il s'acquitta de sa tâche jusqu'en 1893 où il fut assigné brièvement sur le district est du Texas, avant d'être transféré à Muskogee, dans les Territoires Indiens.

    Durant ses 32 ans d'activité, Reeves arrêta près de 3000 hors-la-loi, en abattit 14 - toujours en état de légitime défense - et ne sera jamais blessé sérieusement. Lorsque son propre fils, Benjamin "Bennie" Reeves, prit la fuite après avoir tué sa femme, Bass obtint de le rechercher lui-même et de le remettre à la justice. Jugé, le jeune homme fut condamné à 11 ans de prison, avant que sa sentence ne soit commuée. Après sa libération, "Bennie" passa le reste de sa vie comme un citoyen modèle.

    Son père lui-même connut les tribunaux : en effet, Bass tua accidentellement l'un de ses collègues en nettoyant son arme. Le tribunal fut présidé par le juge Parker lui-même et Bass, défendu par son ami le district attorney W.H.H. Clayton, obtint l'acquittement, en grande partie grâce à ses excellents états de service.

    Lorsque l'Oklahoma devint un État en 1907, Bass Reeves, âgé alors de 68 ans, accepta le poste d'officier de la police départementale de Muskogee. Il travailla encore deux ans avant de tomber malade et de prendre sa retraite. Il mourut le 12 janvier 1910 à l'âge de 71 ans.

    Bass fut marié deux fois : d'abord en 1864 à Marie Jennie, qui décéda en 1896, puis à Winnie Sumter de 1900 jusqu'à sa mort. Il eu pas moins de 11 enfants. Parmi ses descendants directs, le joueur de la Ligue Nationale de hockey Ryan Reaves, tandis que l'un de ses arrière-arrière neveux, Paul L. Brady, devint le premier juge fédéral de couleur en 1972.

    En 2011, le pont US-62 qui enjambe la rivière Arkansas entre Muskogee et Fort Gibson dans l'Oklahoma fut rebaptisé "Pont du mémorial de Bass Reeves". Un an plus tard, en mai 2012, une statue du deputy marshall, œuvre du sculpteur Harold Holden, fut érigée dans le parc Pendergraft à Fort Smith, Arkansas, et le nom de Bass Reeves fut inscrit en 2013 au "Texas Trail of Fame", situé à Fort Worth, célébrant les gloires du Far West.

     

    L'historien Art Burton publia en 2008 "Black Gun, Silver Star : the Life and Legend of Frontiere Marshall Bass Reeves", dans lequel il établit que Bass Reeves servit de modèle à l'un des premiers héros de la "pop culture" américaine, Lone Ranger. Cette théorie se base notamment sur le fait que les nombreux "outlaws" arrêtés par Bass furent emprisonnés à Detroit, ville où furent créée les premiers épisodes du feuilleton radiophonique The Lone Ranger. Cette thèse est néanmoins discutée.

     

    Bass ReevesBass Reeves est souvent honoré par le petit et le grand écran :

    À la télévision, des épisodes des series Gunslinger, Timeless, Drunk History ou plus récemment Wynonna Earp lui sont consacrés.

    Une minisérie co-produite par Morgan Freeman et basée sur le livre de Art Burton est en production par la chaine HBO en ce moment, tandis que Amazon travaille de son côté sur un "biopic" du personnage.

    Au cinéma, Bass Reeves (2010) avec James A. House dans le rôle-titre, They Die by Dawn (2013) avec Harry Lennix, et Hell on the Border (2019) avec David Gyasi et Ron Perlman mettent en scène le marshall noir.

    En littérature, Bass Reeves apparait dans de nombreux livres de fiction prenant place dans le Far West notamment dans le livre "Follow the Angels, Follow the Doves : The Bass Reeves Trilogy, Book One", écrit par Sidney Thompson et non traduit en français.

    En ce qui me concerne, c'est "Un cow-boy dans le coton", le dernier album en date de Lucky luke, qui me fit découvrir le personnage. J'ai chroniqué cette BD (sortie en 2020) sur mon blog Imagémo (lien ici).

    Enfin, Paul L. Brady, son arrière-arrière neveux, publia en 2005 une biographie intitulée "The Black  Badge : Deputy United States Marshall Bass Reeves, From Slave to Heroic Lawman".

     

    Bass Reeves

     Bass Reeves croqué par Achdé dans l'album de Lucky Luke "Un cow boy dans le coton".

     

     

     

     

    « C'est beau la vie quand on y pense (2017)Adieu, Patrick Dupond. »

  • Commentaires

    1
    Samedi 27 Février à 03:46

    Un article de fond hyper intéressant. yes

      • Samedi 27 Février à 10:03

        Merci, Valcogne.

        Je suis étonnée de n'avoir jamais entendu parler de Bass Reeves avant de lire l'album de "Lucky Luke" !

        L'histoire des noirs américains doit recéler encore bien des surprises.

        Bon week-end. Bises.

    2
    Burt
    Samedi 6 Mars à 14:46

    Très intéressant à lire, Val, le marshall Bass Reeves n'étant pas très connu. Il y avait aussi beaucoup de noirs qui travaillaient comme  cow-boys  à l'époque du Far West, mais ils sont très peu représentés dans les westerns.

    J'ai lu "Un cow boy dans le coton" mais le scénario part un  peu dans tous les sens.

      • Samedi 6 Mars à 15:08

        J'ai bien aimé cet album de Lucky Luke, mais la fin m'a parut un peu trop "Deus ex machina" : l'ouragan qui remet tout le monde à sa place si je puis dire, c'est un peu trop facile scénaristiquement parlant.

        De plus, les références à l'actualité (comme la pancarte "Yes We Can") finiront par perdre de leur impact avec le temps.

        Pas le meilleur Lucky Luke, mais pas le pire. Et puis, comme je l'ai dis dans ce post, il m'a fait découvrir Bass Reeves !

    3
    Burt
    Samedi 6 Mars à 18:47

    Coucou Val, j'ai mis un commentaire sur ton blog "Imagemo" à propos du dernier Lucky Luke.smile

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